Sous la pression de ses créanciers, JetBlue tente de rassurer avec des revenus trimestriels en hausse

La compagnie aérienne publiait ce lundi des résultats trimestriels en forte hausse – mais ne parvient pas à combler sa dette, plombée par la hausse du coût du kérosène.

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Eglantine L’Haridon

Eglantine L’Haridon

27 octobre 20263 min de lecture

JetBlue
La compagnie accuse une perte nette cumumée de 823 millions de dollars.© Unsplash

C’est une course contre la montre financière et commerciale qu’engage JetBlue. Ce lundi 26 octobre 2026, la compagnie aérienne basée à New York a présenté ses comptes du troisième trimestre. Au-delà d’un simple point d’étape comptable, cette publication fait office de plaidoyer auprès de créanciers inquiets qui, selon les informations du Wall Street Journal, auraient mandaté un cabinet de restructuration pour suivre les comptes de la low cost.

Vendredi 23 octobre, le quotidien économique révélait qu’un groupe de créanciers de la compagnie travaillait désormais avec la banque d’affaires spécialisée en restructuration PJT Partners et un cabinet d’avocats. Suite au recul de l’action JetBlue en bourse, de 42% depuis le début de l’année 2026, ces investisseurs cherchent à défendre leurs intérêts financiers – ce qui ne signifie toutefois pas qu’une procédure judiciaire de faillite est engagée pour le moment.

Perte nette de 257 millions de dollars

Au troisième trimestre, l’activité commerciale de JetBlue a pourtant progressé plus vite que ne le prévoyait initialement la compagnie : son chiffre d’affaires a augmenté de 21,1% sur un an, pour atteindre 2,81 milliards de dollars. Une progression qui a toutefois été absorbée par l’augmentation des coûts du kérosène : sur le trimestre, JetBlue a payé son carburant 3,91 dollars en moyenne, soit 57,4% de plus qu’un auparavant. Sa dépense totale de kérosène a ainsi été portée à 868 millions de dollars (+61%). Un phénomène en prolongation de celui déjà observé au deuxième trimestre, où la facture énergétique de la compagnie avait atteint 911 millions de dollars (+80,7%).

La hausse des ventes de billets a permis de compenser environ 87% de ce surcoût énergétique au troisième trimestre, mais pas la totalité : la perte nette de la compagnie s’établit ainsi à 257 millions de dollars, contre 143 millions un an plus tôt. Sur les neuf premiers mois de l’année, la perte nette cumulée de la compagnie ressort à 823 millions de dollars. « Je suis très encouragée par les progrès réalisés au troisième trimestre », s’est pourtant félicitée Joanna Geraghty, directrice générale de JetBlue. « Une demande solide et de bons niveaux de prix ont porté nos recettes bien au-delà de nos attentes initiales, ce qui nous a permis de compenser une plus grande part de la hausse des coûts de carburant que prévu. »

Tarifs en hausse

JetBlue s’est appuyée sur une augmentation sensible de ses tarifs et sur une demande soutenue. Au troisième trimestre, la compagnie a transporté 10,6 millions de passagers. Le prix moyen du billet a augmenté de 19,2% sur un an, pour atteindre 245,11 dollars – peut-être également pour tenter de combler une légère baisse du taux de remplissage, qui s’établit à 83,6% (-1,5% sur un an).

Et pour redresser ses comptes dans le cadre de son plan JetForward, la compagnie concentrera cet hiver son développement sur sa base floridienne de Fort Lauderdale, et lancera en décembre BlueFirst, une nouvelle cabine de première classe de première sur ses vols intérieurs. Elle s’appuie également sur le dynamisme de son programme de fidélité, dopé par son partenariat avec United Airlines et l’ouverture d’un nouveau salon à Boston.

La direction affirme enfin disposer de réserves de trésorerie et d’actifs suffisants pour se financer sans difficulté. Encore déficitaire sur l’ensemble de l’année 2026, JetBlue prévoit néanmoins une amélioration progressive de ses marges dès le quatrième trimestre. De quoi renforcer la « confiance » de la compagnie dans sa « capacité à atteindre une rentabilité opérationnelle durable en 2027, puis un flux de trésorerie disponible positif en 2028 », assure sa directrice générale.

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