Porté par l’été et ses classes avant, Air France-KLM repasse dans le vert sur neuf mois

Porté par ses cabines avant, Air France-KLM voit son bénéfice net grimper de 22% au 3e trimestre, mais durcit sa cure d’économies chez KLM.

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Eglantine L’Haridon

Eglantine L’Haridon, AFP

5 novembre 20263 min de lecture

Air France-KLM
Air France-KLM dégage, au troisième trimestre 2026, un bénéfice net en hausse.© Ramon van Flymen / ANP MAG / ANP via AFP

Le groupe franco-néerlandais Air France-KLM a dégagé au troisième trimestre 2026 un bénéfice net en hausse de 22% sur un an, à 938 millions d’euros, porté par l’augmentation de son chiffre d’affaires par passager durant la haute saison estivale. Le chiffre d’affaires progresse de 7,6% (12,3% à taux de change constant), à 9 916 millions d’euros, tandis que le résultat opérationnel ajusté gagne 126 millions d’euros pour atteindre 1 346 millions d’euros, soit une marge opérationnelle de 13,6% (+0,3 point). Entre juillet et septembre, Air France, KLM et Transavia ont transporté 29,7 millions de passagers (+1,8%), avec un taux de remplissage quasi stable à 88,4%. Sur les neuf premiers mois de l’année, après une perte nette de 61 millions d’euros au premier semestre, le bénéfice net redevient positif à 877 millions d’euros, bien qu’en repli de 25% sur un an.

La montée en gamme absorbe le choc pétrolier

Alors que le groupe n’avait compensé que 85% du surcoût du kérosène au deuxième trimestre, son activité commerciale a cette fois intégralement absorbé l’alourdissement de la facture énergétique (+436 millions d’euros sur le trimestre après couverture). « Les recettes unitaires solides ont intégralement compensé l’impact de la hausse des prix du carburant, dans un contexte de crise au Moyen-Orient. Par ailleurs, la maîtrise rigoureuse des coûts a limité la hausse des coûts unitaires à seulement +0,1% », souligne le groupe. Le directeur général, Benjamin Smith, salue « un troisième trimestre résilient » qui reflète « les choix stratégiques opérés ces dernières années, à commencer par la montée en gamme d’Air France ».

La recette unitaire du groupe a crû de 7% à change constant. La hausse du revenu moyen par passager a été tirée par les cabines La Première et Business (+11,5%) et la cabine Premium (+9,1%), contre +5% en Economy. Le groupe a signé des performances records en Amérique du Nord (+9,3%) et en Asie (+10,1%), où la clientèle d’affaires a privilégié les vols directs évitant les hubs du Golfe. La capacité vers le Moyen-Orient a toutefois été réduite de 68%.

Prudent, Air France-KLM ajuste alors sa prévision de croissance de capacité pour 2026 à environ 2%, contre 2% à 3% visés cet été. Il relève aussi l’estimation de sa facture carburant 2026 à 9 200 millions de dollars, soit 300 millions de dollars de plus que lors de sa dernière prévision (+2 300 millions sur un an). Après avoir couvert 68% de sa consommation pour 2026, le groupe bénéficiera de 54% de couverture pour 2027.

Défis structurels

Au troisième trimestre, Air France affiche un résultat opérationnel ajusté stable à 811 millions d’euros (marge de 13,5%, -0,7 point), tandis que KLM progresse de 106 millions d’euros, à 458 millions d’euros (marge de 11,4%, +1,6 point). Sur neuf mois, la marge de la branche néerlandaise plafonne toutefois à 4,8%, contre 6,6% pour Air France, pénalisée notamment par les tarifs élevés du hub de Schiphol. Jugeant le plan « Back on Track » insuffisant pour atteindre l’objectif de 8% de marge fixé par le groupe, la direction annonce de nouvelles mesures d’économies chez KLM : révision des conventions collectives visant un gain de productivité d’au moins 8% et un « contrôle strict de l’évolution de la masse salariale », réorganisation par externalisation ou réintégration d’activités au sol, cargo et maintenance, et retrait des avions les plus anciens.

Quant à Transavia, son bénéfice opérationnel estival de 223 millions d’euros (marge de 16,3%) n’efface pas une perte de 42 millions d’euros sur neuf mois, grevée par le kérosène (+42,6%) et par la reprise des lignes d’Air France à Orly. Enfin, avec une dette nette de 8 757 millions d’euros fin septembre après le paiement d’une amende fret de 368 millions d’euros et de 376 millions d’euros d’arriérés Covid, le bilan du groupe reste scruté : devancé mi-octobre par Lufthansa pour reprendre TAP Air Portugal faute d’une assise financière aussi robuste, Air France-KLM poursuit sa montée à 60,5% au capital de SAS d’ici fin 2026.

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