L’accident ferroviaire d’Urda, en Espagne, a fait 12 victimes étrangères, parmi lesquelles quatre Américains, une Française et un Canadien, ont annoncé dimanche soir les autorités. Les autres victimes étrangères sont de nationalité japonaise, tunisienne, portugaise, mexicaine, tchèque et argentine. Au lendemain de la catastrophe, le Quai d'Orsay avait indiqué être sans nouvelles de « plusieurs » ressortissants français, tandis que les équipes du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères et de l'ambassade de France en Espagne s'étaient mobilisées en lien avec les familles et les autorités locales.
Selon un communiqué d’experts médico-légaux et de la police, 66 des 69 personnes qui ont perdu la vie dans ce désastre survenu mercredi dans la province de Tolède ont été identifiées. Trois personnes, deux de nationalité australienne et une de nationalité japonaise, restent portées disparues, selon la même source. Les autorités ont par ailleurs fait état de 108 blessés, dont 58 hospitalisés.
« Circonstances inexplicables »
Il s’agit du deuxième accident ferroviaire en Espagne cette année, après celui qui a fait 46 morts en janvier en Andalousie, et de l’un des pires du siècle en Europe. Il survient également en pleine campagne pour les législatives du 29 novembre. Cette catastrophe, la pire tragédie ferroviaire dans le pays depuis 2013 après celle d'Adamuz, suscite de vives interrogations sur la sécurité du réseau espagnol. Le ministre des Transports a notamment évoqué « une erreur » et des « circonstances inexplicables » ayant abouti à la collision, alors qu'une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes du drame.
Un train de la compagnie nationale Renfe a percuté par l’arrière, sur la même voie, un train de l’opérateur privé Iryo, qui avait été forcé à l’arrêt après une panne informatique du système de signalisation. Le convoi à l'arrêt appartenait à Iryo, filiale à 51 % des chemins de fer italiens FS, et la collision s'est produite mercredi matin dans la région de Castille-La-Manche.
Ligne suspendue et plan de transport alternatif
À la suite de l'accident, la circulation des trains à grande vitesse entre Madrid et l’Andalousie reste suspendue jusqu’à nouvel ordre. Renfe a bloqué la vente des billets sur ce corridor jusqu’au 13 décembre, sans que cette date ne constitue une échéance ferme de reprise. De son côté, Iryo a annulé ses liaisons au départ de Madrid vers le sud et Ouigo a suspendu les siennes au moins jusqu’au 2 novembre.