Le tribunal de Bucarest a ouvert, mercredi 28 octobre, une procédure générale d’insolvabilité à l’encontre de la compagnie aérienne AnimaWings, l’équivalent d’un redressement judiciaire. La compagnie aérienne avait elle-même sollicité cette mise sous-protection le 20 octobre, après le rejet par la justice, le 14 octobre, d’une première requête déposée fin septembre.
Le transporteur dispose désormais d’un délai de dix jours pour formuler son intention de se restructurer. À défaut, sa direction perdra son droit de gestion au profit exclusif de l’administrateur judiciaire provisoire nommé par le tribunal, un consortium formé par plusieurs cabinets financiers roumains (CITR, Infinexa Restructuring et Popescu & Asociaţii Insolvency).
Impasse opérationnelle et financière
Avant même d’engager cette procédure, la compagnie contrôlée par les frères Cristian et Marius Pandel avait suspendu l’intégralité de ses opérations début octobre – une interruption depuis prolongée jusqu’au 15 novembre. Le 29 septembre, AnimaWings avait dû retirer du service ses six Airbus A220-300 pris en leasing, victimes d’avaries techniques liées à leurs moteurs, alors amputée des trois quarts de sa flotte et réduite à deux Airbus A320 plus anciens. Implantée sur le marché français depuis le printemps 2025 avec des liaisons régulières reliant Bucarest à Paris-Charles de Gaulle et Nice, la compagnie a ainsi gelé sa desserte hexagonale, alors même qu’elle prévoyait d’ouvrir une troisième ligne vers Strasbourg au printemps 2027.
Sur le plan financier, la forte croissance de son activité en 2025 s’était accompagnée d’un creusement marqué des déficits : AnimaWings avait enregistré, malgré un chiffre d’affaires de 62 millions d’euros, une perte nette de 21 millions d’euros. Car à ses déboires techniques s’ajoute le renchérissement des coûts d’exploitation, alimenté par la flambée du cours du kérosène et par l’inflation en Roumanie.
Identifier les « mesures nécessaires »
« La priorité de cette étape est de réaliser une analyse rigoureuse afin d’évaluer la situation financière et opérationnelle de la compagnie, de comprendre les causes de ses difficultés actuelles et d’identifier les mesures nécessaires à une éventuelle réorganisation de l’activité », précise Paul-Dieter Cîrlănaru, directeur général du cabinet CITR, cité par le média roumain Ziarul Financiar. La prochaine audience sur le fond du dossier est fixée au 31 mars 2027.