Aérien : AnimaWings se place sous protection judiciaire et gèle son réseau

Placée sous protection judiciaire après l'arrêt de ses A220, la compagnie roumaine AnimaWings suspend l'ensemble de ses vols jusqu'au 24 octobre 2026.

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Eglantine L’Haridon

Eglantine L’Haridon

2 octobre 20262 min de lecture

AnimaWings
AnimaWings espère reprendre les vols dès le 25 octobre 2026.© AnimaWings

Brutal coup d'arrêt pour AnimaWings. La compagnie aérienne roumaine dirigée par Marius Pandel a déposé le 30 septembre une requête en insolvabilité auprès du tribunal de Bucarest. Dans la foulée, le transporteur a informé ses partenaires de l'annulation de l'ensemble de ses vols programmés entre le 2 et le 24 octobre 2026.

Pannes en série

Pour expliquer cette faillite imminente, la direction pointe des pannes en série sur six de ses huit Airbus A220-300, qu'elle a dû retirer du service, ainsi que l'envolée des coûts opérationnels. Si elle affirmait initialement pouvoir assurer une partie de ses vols avec ses deux seuls appareils restants, le manque d'avions a finalement rendu la régularité intenable. La presse économique roumaine révèle par ailleurs une réalité financière très dégradée : selon les données de la plateforme Termene, les arriérés fiscaux de l'entreprise ont doublé en trois mois pour atteindre 11,5 millions de lei (environ 2,2 millions d'euros) au 30 juin 2026.

Le directeur général, Marius Pandel, évoque de son côté l'impact de l'inflation, la hausse du carburant et la baisse du pouvoir d'achat, affirmant recourir à la protection du tribunal pour préserver la pérennité de l'entreprise plutôt que pour cesser son activité.

Reprise des opérations espérée fin octobre

Devant les agences de voyages et les entreprises clientes, AnimaWings tente ainsi de rassurer, en affirmant qu'une procédure judiciaire ne vaut pas liquidation définitive. La compagnie promet le remboursement des billets annulés, tout en demandant aux distributeurs de ne pas engorger ses lignes téléphoniques avec des relances. La validité des abonnements professionnels est quant à elle prolongée d'office.

Le transporteur annonce viser une reprise de ses opérations le 25 octobre, date de lancement de la saison hivernale IATA. Mais avec une flotte amputée des trois quarts de ses appareils et une trésorerie exsangue, les voyagistes attendent désormais de voir quel réseau résiduel la compagnie sera réellement en mesure d'honorer.

Comme l'ensemble du pavillon européen, AnimaWings subit l'envolée du prix du kérosène consécutive au blocage du détroit d'Ormuz. Pourtant, la fragilisation si rapide du transporteur pourrait surprendre : contrairement aux transporteurs ultra low-cost traditionnellement exposés à de faibles marges d'exploitation, AnimaWings défend un positionnement milieu de gamme sur les lignes régulières, hérité de son activité charter historique. Un modèle tarifaire censé offrir davantage de résistance, mais qui n'a manifestement pas suffi à compenser l'immobilisation des trois quarts de sa flotte face à des coûts fixes incompressibles.

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