Voyagistes : les premières tendances de l’hiver 2026/27
L’hiver prochain, les voyagistes observent une petite baisse d’activité, pour l’instant. Le Maroc est particulièrement en retard, alors que l’Égypte démarre bien.
Le Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto) a présenté lundi les premières tendances de l’hiver prochain, en s’appuyant sur les réservations déjà enregistrées. Même si le nombre de passagers recule sur l’hiver 2026/27 en glissement annuel, son président Patrice Caradec estime le démarrage de la saison encourageant.
Une érosion globale de 2,8% en nombre de clients
Le nombre de clients diminue ainsi de 2,8%, par rapport à l'hiver précédent. « Mais la recette unitaire augmente de près de 5% », se réjouit le patron des voyagistes. Cette hausse du panier moyen résulte du choix des destinations des Français.
Les chiffres de la saison qui s’étend du 1er novembre au 2026 au 30 avril 2027 correspondent à 22% du bilan final de l’hiver dernier, « pendant lequel nous avions un peu progressé », ajoute Patrice Caradec. Il s'agit donc d'une toute première photographie de la dynamique des ventes. L'évolution du conflit au Moyen-Orient et celle du prix du kérosène auront une incidence sur les prochaines semaines.
L’Afrique progresse de 14%
Sur l'hiver 2026/27, la Tanzanie, boudée l’an passé en raison de l’inscription des compagnies tanzaniennes sur la liste noire de l’Union européenne, reprend des couleurs. Le Sénégal bénéficie lui aussi d'un regain d’intérêt. Pour Cyrille Fradin, PDG du groupe Karavel/Fram, la destination a su retrouver ses lettres de noblesse, notamment en réensablant et en nettoyant la plage de Saly. En revanche, le Maroc, pourtant très ambitieux sur le marché français, souffre (-19%).
Chez les 42 voyagistes interrogés par le Seto, l’Afrique dans son ensemble progresse de manière significative (+14%).
De son côté, l'Asie décroche (-10%). « Tant que les Français bouderont les hubs du Moyen-Orient, les destinations asiatiques auront du mal à retrouver leur rythme habituel », commente Patrice Caradec, ancien patron de Transat France. Environ les deux tiers des voyageurs français mettant le cap sur l’Asie passent par les hubs de Doha, d’Abu Dhabi et de Dubaï.
L’Égypte permet d’amortir la baisse du Moyen-Orient
Sans surprise, le Moyen-Orient décroît de « seulement » 8% grâce au maintien de l’Égypte.
L'Europe du Sud/occidentale reste stable (-0,4%). Quant à l’Europe du Nord, dont la Laponie représente la locomotive, elle affiche un recul de 9%. « Ce n’est que le démarrage de la saison », temporise Patrice Caradec. Les tour-opérateurs ont pourtant fortement développé l’offre de clubs sur la Laponie finlandaise et suédoise.
La France, dopée par les vacances à la montagne, affiche une hausse de 8% pour l’ensemble des voyagistes. « Nos ventes de séjours à la montagne sont stables par rapport à l’an dernier », indique à L’Écho touristique Alexis Gardy, président de Belambra. Précisant que la saison 2025/16 avait été bonne. Sur l’été, la croissance des clubs Belambra en altitude atteint désormais 15%, sur un an. « Nous avons maintenant une annualisation de la saison montagne. »
La France arrive en tête des destinations les plus vendues cet hiver, toujours en nombre de clients. Suivent l’Égypte (+3,5%), l’île Maurice (+12,9%), le Maroc et la République dominicaine (-0,1%).