Puy du Fou

Au-delà de la Coupe du monde 2030, le Maroc muscle ses réseaux et réinvente son offre

La destination espère, en développant et diversifiant son offre, dépasser son objectif officiel de 26 millions de touristes d'ici 2030.

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Eglantine L’Haridon

Eglantine L’Haridon

14 septembre 20264 min de lecture

Achraf Fayda ONMT Maroc
Achraf Fayda, directeur général de l'Office national marocain du tourisme, à Paris, le 14 septembre 2026.© Eglantine L'Haridon

Le compte à rebours est enclenché : à l’horizon 2030, le Maroc coorganisera la Coupe du monde de football aux côtés de l’Espagne et du Portugal. Un accélérateur historique pour le royaume, qui sort déjà d’une période de records : après avoir atteint 17,4 millions d’arrivées en 2024, la destination a frôlé les 20 millions de visiteurs en 2025.

Sur le papier, la nouvelle feuille de route de l’Office national marocain du tourisme (ONMT) affiche un cap clair : dépasser les 26 millions de touristes d’ici la fin de la décennie. Si, en mai 2025, le directeur général de l’ONMT Achraf Fayda avait placé la barre légèrement plus haut, en évoquant l’ambition de franchir les 30 millions de voyageurs, l’objectif officiel s’établit bien quelques millions en dessous. Mais c’est un niveau de base, que les autorités se voient bien dépasser.

Revoir les objectifs à la hausse

Selon l’Office de tourisme, « vu le rythme de la progression, nous pensons (…) revoir plutôt cet objectif à la hausse ». L’ambition ultime ? Rapprocher le Maroc des standards méditerranéen et viser, à terme, un ratio d’un touriste par habitant, soit près de 40 millions d’arrivées.

Pour absorber une telle affluence, le pays engage une modernisation sans précédent de son appareil réceptif et de ses transports. Mais le gouvernement refuse le piège des éléphants blancs. « On fait tout pour être prêt, mais on ne fait rien que pour la Coupe du monde », prévient Achraf Fayda. « C’est un principe acté dès la candidature : nous sommes un pays en voie de développement, avec des ressources limitées. Il faut donc être très intelligent dans leur déploiement. Tout ce qui est développé est redéployable ; les besoins sont là et nous nous projetons déjà sur 2035 ou 2040. »

Développer les infrastructures

Il faudra tout de même de quoi accueillir les millions de spectateurs, venus des quatre coins du globe pour ce rendez-vous immanquable. Les capacités aéroportuaires font ainsi plus que doubler d’ici l’échéance, pour dépasser les 75 millions de passagers annuels, contre 36 millions en 2025. Fer de lance de ce dispositif, le hub de Casablanca, qui verra sa capacité portée à 40 millions de voyageurs d’ici 2029. Côté rails, le train à grande vitesse qui relie Tanger à Casablanca verra son tronçon étendu jusqu'à Marrakech, d’ici 2029 également. Dans l’hôtellerie, 60 000 lits supplémentaires viendront muscler le parc existant de 300 000 lits, tandis qu’un nouveau cadre légal encadrera les hébergements chez l’habitant et les bivouacs.

L’autre grand chantier est territorial. Aujourd’hui, près de deux tiers des arrivées sont concentrées sur un trio immuable : Marrakech, Agadir et Casablanca. Pour éviter la surchauffe et mieux répartir la manne économique, l’ONMT change de méthode. « Historiquement, on avait l’habitude de faire la promotion du pays à travers celle des destinations. Aujourd’hui, on veut rajouter un nouvelle dimension, qui est la promotion par expérience », explique Achraf Fayda.

Étoffer les liens avec les tour-opérateurs

Et la destination, donc, de renforcer les liens avec la production française, premier marché émetteur du royaume. Si le travail se poursuit avec les tour-opérateurs généralistes, pour sécuriser les volumes, l’Office cible désormais également les tour-opérateurs spécialisés. Randonnée dans le désert, séjours sportifs ou culturels : ces acteurs de niche disposent de la prescription nécessaire pour programmer des expériences régionales, et donc orienter les clients hors des sentiers battus.

L’objectif affiché : « passer de 3x3 à 10x10 », en structurant dix filières d’expériences distinctes (sport, culture, désert, bien-être, gastronomie…) à travers dix régions. Le cas de Dakhla, propulsé par le kitesurf avant de séduire une clientèle plus large, sert d’exemple à dupliquer. En reliant ses régions et en renouvelant ses produits, le Maroc entend transformer l'essai du Mondial 2030 pour bâtir une industrie touristique pérenne.

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