Interrogé sur son avenir, Franck Gervais a été catégorique, « je reste chez Pierre & Vacances, sans aucune hésitation ». Il justifie cette décision par sa volonté de s'engager pleinement dans cette nouvelle étape. « Vous ne pouvez pas dire à votre futur actionnaire : cette nouvelle histoire me motive, et à côté répondre à des chasseurs de têtes, des entreprises. Même sur des super aventures, il faut faire des choix dans la vie. Mon choix est fait, c’est de rester clairement », a -t-il déclaré.
Un redressement après 13 exercices déficitaires
Arrivé en janvier 2021, alors que Pierre & Vacances traversait une crise financière et structurelle majeure, l'ancien dirigeant d'Accor a conduit un vaste plan de redressement. À l'époque, le groupe affichait 1,1 milliard d'euros de dette, enregistrait des pertes nettes depuis 13 ans et devait faire face aux conséquences de la crise sanitaire.
La restructuration financière, qui a notamment permis d'effacer 700 millions d'euros de dette, s'est accompagnée d'une transformation en profondeur du modèle. Pierre & Vacances a notamment abandonné ses activités de promotion immobilière pour se recentrer sur l'exploitation touristique, renforcé ses investissements dans la rénovation de ses résidences et de ses domaines, et replacé l'expérience client au cœur de sa stratégie.
À noter toutefois : le redressement du groupe ne s’est pas seulement reposé sur la seule transformation commerciale. Depuis 2021, Pierre & Vacances/Center Parcs a réduit ses coûts fixes en supprimant une centaine de postes au siège, en externalisant certaines fonctions, en resserrant son portefeuille sur les seuls produits rentables, et en travaillant significativement sur sa dette.
Cinq ans plus tard, le redressement se traduit dans les résultats. Le groupe revendique désormais 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires, une marge opérationnelle de 185 millions d'euros et une progression de 20 points de la satisfaction client. Il a également renoué avec des résultats nets positifs.
Mubadala Capital, un partenaire pour accélérer la croissance
Une nouvelle étape s'ouvre avec l'arrivée de Mubadala Capital, filiale du fonds souverain d'Abu Dhabi, qui doit prendre le contrôle du groupe dans le cadre d'une opération le valorisant autour d'un milliard d'euros. « Nous sortons d'une période de restructuration et de redressement opérationnel pour entrer dans une phase de développement et d'expansion », souligne Franck Gervais. Le nouvel actionnaire doit accompagner le groupe dans ses ambitions de croissance, notamment à travers de nouvelles acquisitions.
Le dirigeant dit avoir privilégié « un investisseur de long terme, capable de nous accompagner sur sept à dix ans, plutôt qu'un partenaire uniquement intéressé par un rendement financier à court terme ». Pour Franck Gervais, l'enjeu est de continuer à faire grandir un groupe assaini, doté de marques fortes et d'un modèle économique plus solide. « C'est finalement ce que nous aurions dû faire depuis dix ans », a-t-il reconnu.
Un retour chez Accor ? « La réponse est non »
Quant à ceux qui l'imaginent revenir un jour chez Accor, où il a notamment été à la tête des activités européennes entre 2017 et 2020, Franck Gervais préfère couper court aux spéculations.
Alors que Sébastien Bazin doit quitter ses fonctions au plus tard en mai 2028, à l'issue de son mandat actuel, le dirigeant de Pierre & Vacances écarte cette hypothèse. « Il y a plein de gens qui me voient dans plein de belles boîtes, dont la dernière dans laquelle j'étais. Mais la réponse est non. Comme ça, on lève le tabou », a-t-il lancé.