Un nouveau nom, un nouveau président et une nouvelle feuille de route. France Hospitalité veut se positionner comme un interlocuteur plus représentatif de l’ensemble du secteur hôtelier. « Tous les groupes sont les bienvenus, y compris ceux dont l’hôtellerie est l’activité secondaire, à l’image du groupe Barrière », résume Antoine Angeard. La nouvelle vocation de l’entité est de « représenter, fédérer et outiller les acteurs de l’hospitalité française », afin de promouvoir leurs intérêts, de renforcer leur influence et d’accompagner les transformations du secteur.
France Hospitalité fédère aujourd’hui 25 groupes hôteliers adhérents, regroupant 3 500 établissements et plus de 300 000 chambres. « Nous représentons plus de la moitié du parc hôtelier classé en France », précise Antoine Angeard.
Peser davantage auprès des pouvoirs publics
« Nous allons essayer de valoriser nos métiers, trop souvent considérés comme secondaires », a indiqué Serge Trigano, qui succède à Jean-Virgile Crance à la présidence de l’organisation. Selon lui, le tourisme hôtelier représente un emploi sur dix en France, et 8% du PIB. Le nouveau président de France Hospitalité estime par ailleurs qu’un point supplémentaire du taux d’occupation hôtelier représenterait « environ 100 millions d’euros de recettes supplémentaires pour l’État et plusieurs milliers d’emplois ».
France Hospitalité veut constituer un réseau permettant aux professionnels de partager leurs bonnes pratiques, de développer l’entraide et de mutualiser certains outils. « Ils permettent à la fois de réduire les coûts, mais aussi d’être leviers en termes de business », explique Antoine Angeard. Un centre de ressources doit également être développé pour apporter aux adhérents les informations et services dont ils ont besoin.
Des services et des outils pour les adhérents
France Hospitalité compte travailler avec les acteurs du numérique, du développement durable et plus largement avec son écosystème. « Certaines des solutions aux défis qui se posent aujourd’hui aux hôteliers ne se trouvent pas forcément dans le secteur de l’hôtellerie », estime Antoine Angeard. Des études et des expérimentations pourront être menées pour tester ces solutions sur le terrain. France Hospitalité veut devenir la « maison commune » de toute l’hôtellerie, a poursuivi le directeur général.
L’emploi comme chantier prioritaire
Parmi les priorités affichées, l’emploi et l’attractivité des métiers occupent une place centrale. Serge Trigano veut notamment mieux faire connaître les possibilités d’évolution offertes par l’hôtellerie et défendre l’apprentissage et l’alternance. « Il y a un ascenseur social dans nos métiers qui n’existe nulle part ailleurs », estime-t-il. « Aujourd’hui, on peut rentrer dans un hôtel sans aucune qualification et se former, apprendre et se retrouver general manager d’un hôtel en quelques années », complète Antoine Angeard.
La transformation numérique constitue un autre sujet important. Le nouveau président ne voit pas l’intelligence artificielle comme une menace pour l’hospitalité, mais comme un moyen de réduire les tâches administratives. Et, précise-t-il, « il y a quelque chose que l’IA ne remplacera pas, c’est le sourire d’un homme ou d’une femme dans son établissement ». Il imagine ainsi le directeur d’hôtel davantage tourné vers l’animation de son établissement, le recrutement et l’accueil des clients, les outils numériques prenant en charge une partie des tâches de reporting. Pour Serge Trigano, le métier de l’hôtelier de demain sera celui d’un « metteur en scène », chargé de faire vivre un lieu grâce aux équipes qui y travaillent.
Une organisation plus légère et plus équilibrée
Cette nouvelle ambition s’accompagne d’une refonte de la gouvernance et du financement de l’organisation. France Hospitalité veut notamment assurer un équilibre entre des adhérents de tailles très différentes, des groupes disposant de quelques établissements aux grands réseaux comptant plusieurs milliers d’hôtels. Parmi ses membres figurent notamment Accor, Hilton, Louvre Hotels, Renaissance ou encore B&B Hotels.
« Comment faire cohabiter tout ce beau monde et toutes ces différences de taille et de capacité dans la même association ? », interroge Antoine Angeard. Le nouveau fonctionnement doit permettre à « toutes les voix » de s’exprimer et garantir des décisions collégiales.
Le système de cotisation a également été revu pou tenir compte des différences de taille et de capacité contributive des adhérents. France Hospitalité souhaite parallèlement conserver une structure légère.
Simplification réglementaire, et présidentielle
Sur le terrain des revendications, France Hospitalité veut intervenir sur la simplification réglementaire, la taxe de séjour ou encore les charges sociales. « Dans la perspective de l’élection présidentielle, nous allons remettre l’hôtellerie à l’agenda politique », affirme Antoine Angeard. Différents clubs thématiques chargés de faire des propositions seront constitués.
Serge Trigano évoque également le changement climatique, avec des conséquences possibles sur les destinations méditerranéennes, et plus largement sur les habitudes et les calendriers touristiques. « Nous serons sans doute amenés à réviser le calendrier des vacances scolaires », prévient l’ancien patron du Club Med et fondateur de Mama Shelter.