Dans la continuité du travail engagé par sa prédécesseure, le nouveau président entend mieux couvrir l’ensemble du Grand Est. « On a beaucoup d’agences en Alsace, un petit peu en Lorraine, mais très peu en Champagne et dans les Ardennes », constate Fabrice Poulain, sans préciser le nombre de points de vente concernés.
Lors de la prochaine convention, du 6 au 10 octobre à l’Île Maurice, les EdV Grand Est ont pour la première fois invité d’anciens adhérents ayant quitté l’organisation. L’objectif est de les convaincre de revenir en mettant davantage en avant les services proposés que le montant de la cotisation, fixé à 1 500 euros. Au total, 46 participants sont attendus pour cette convention placée sous le thème « L’expérience au service du client ».
« Il y a un problème de transmission »
Au-delà de la représentation syndicale, Fabrice Poulain s’inquiète aussi de la transmission des agences. Le vieillissement des dirigeants pose, selon lui, un véritable enjeu pour le renouvellement du secteur. « Il y a un problème de transmission », résume-t-il. Certains dirigeants proches de la retraite peinent à trouver des repreneurs et plusieurs transmissions familiales n’aboutissent pas, les enfants ne souhaitant pas nécessairement reprendre l’entreprise. Le ministre des PME, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, Serge Papin, l’a d’ailleurs récemment rappelé : « la France a devant elle un immense défi de transmission ».
Pour Fabrice Poulain, le niveau des garanties financières constitue l’un des principaux freins à la reprise. « Elle est beaucoup trop élevée », estime-t-il, appelant à poursuivre les évolutions permettant d’alléger les contraintes pesant sur les petites agences.
« Nous sommes attaqués de partout »
Autre sujet mis en avant par le président des EdV Grand Est : la cybersécurité. Fabrice Poulain estime que les agences de voyages sont de plus en plus confrontées à des tentatives d’escroquerie, notamment via leurs messageries électroniques. « Nous sommes attaqués de partout », résume-t-il.
Il cite notamment le cas de son propre réseau, Fensch Voyages, qui compte sept agences et a été victime d’une attaque permettant à des fraudeurs d’accéder à Amadeus et de générer des cartes de crédit. Le préjudice s’est élevé à 13 000 euros, sans possibilité de récupérer les fonds. Une plainte a été déposée, mais elle n’a, selon lui, donné lieu à aucune suite.
Pour sensibiliser les professionnels à ces risques, les EdV Grand Est ont déjà organisé une intervention consacrée à la cybersécurité. Fabrice Poulain souhaite poursuivre cette démarche et encourage notamment la mise en place de la double authentification sur les messageries, afin de mieux sécuriser les accès.
« Un mois d’août catastrophique »
Concernant ventes, le président des EdV Grand Est décrit une année 2026 difficile. Après le déclenchement du conflit entre les États-Unis et l’Iran, certaines réservations ont été annulées ou reportées. Son agence a notamment perdu cinq groupes qui devaient partir en Asie, tandis que les voyages transitant par le Golfe ont également été affectés.
L’été n’a pas permis d’inverser la tendance. « Le mois d’août a été catastrophique », estime Fabrice Poulain, qui évoque notamment la hausse des prix et les difficultés rencontrées par les ménages.
Le report plutôt que l’annulation
Il observe toutefois que les clients ne renoncent pas nécessairement à leurs projets. Certains préfèrent reporter leur voyage, parfois jusqu’en 2027, plutôt que l’annuler. « Ils veulent voyager », souligne-t-il. Une tendance que Fabrice Poulain rapproche également des changements de comportement observés depuis la crise sanitaire, avec une préférence pour le report plutôt que pour l’annulation.
Le président des EdV Grand Est estime par ailleurs que les agences de la région pourraient mieux résister que d’autres grâce à leur position frontalière, « c’est une force car on peut aussi vendre des départ d’Allemagne, de Belgique ou du Luxembourg ».
Fabrice Poulain estime ainsi que le chiffre d’affaires des agences du Grand Est pourrait reculer de 5 à 6% en 2026, contre une baisse qu’il évalue à moins 20% à l’échelle nationale.
Le pouvoir d’achat au cœur des arbitrages
Au-delà du contexte géopolitique, le président régional pointe surtout le poids de l’inflation et du coût du carburant dans les décisions des ménages. « Les clients le disent. Ils n’ont pas d’argent », rapporte-t-il.
Pour une famille avec deux enfants, un budget de plusieurs milliers d’euros consacré aux vacances peut ainsi devenir difficile à mobiliser. Les dépenses de voyage sont alors mises en balance avec les autres postes du budget des ménages.
« Le client est autant résilient que nous »
Malgré ce contexte, Fabrice Poulain souhaite conserver un discours positif auprès des professionnels. Il souligne la capacité des clients à maintenir leurs projets de voyage, même lorsque ceux-ci sont différés, ainsi que celle des agences à s’adapter à ces nouvelles contraintes. « Le client est autant résilient que nous, professionnels. Il veut voyager », affirme-t-il.