Puy du Fou

Destinations : les tops et les flops en 2026

Sur l’IFTM, la traditionnelle table ronde organisée en partenariat avec L'Écho touristique a livré son verdict sur les destinations choisies par les Français en 2026, particulièrement cet été.

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Catalina Cueto

17 septembre 20264 min de lecture

Table ronde tops et flops à l'IFTM
En plein essor, l’Albanie a attiré quelque 300 000 touristes français en 2025 (+34%). En agence, les ventes de forfaits pour découvrir le pays progressent de 299% cette année.© Jonathan Teboul

L’année 2026 va rester dans les annales. Après un bon démarrage, le compteur s’est grippé fin février, à l’annonce de la guerre entre l’Iran et les États-Unis. Les réservations habituelles du printemps se sont arrêtées net et le retard n’a pas été récupéré, malgré une reprise estivale tardive. Selon le baromètre Orchestra réalisé pour L'Écho touristique, le volume d’affaires des réservations en agences a enregistré une forte baisse trois mois consécutifs entre février et mai (-20%, -13%, -21%), puis a légèrement augmenté de 2% en juin, avant de baisser à nouveau de 1% en juillet et de remonter de 7% en août. 

Une tendance constatée par Guirec Le Morvan, directeur général de Leclerc Voyages, très orienté sur la destination France : « Après une période d’attentisme, le phénomène des ventes de dernière minute s’est davantage fait sentir en juillet et août par rapport à 2025 », précise-t-il. Pour Valentine Jean-Richard, directrice générale du groupiste Parfums du Monde, la tendance est différente : « Les réservations de groupes se font 18 mois en amont. Au déclenchement de la guerre, nous avions beaucoup d’avance et nous allons finir 2026 à l’étale par rapport à 2025 », avoue-t-elle.

Un budget contraint

La hausse du prix de l’essence, consécutif au blocage du détroit d’Ormuz, a freiné les intentions de départ des Français et contraint leur budget vacances. « La France, déjà très plébiscitée en temps normal pour les vacances, a été une destination refuge cet été. Qui plus est, selon un sondage mené au printemps, environ 30% de nos compatriotes comptaient choisir un hébergement gratuit pour un long-séjour, contre 20% un an plus tôt. C'est le tourisme de la débrouille », commente Linda Lainé, rédactrice en chef de L'Écho touristique.

Même si les régions du sud du pays attirent toujours autant les vacanciers, le produit montagne a performé en partie pour échapper à la canicule et aux incendies. Selon l'Association Nationale des Maires des Stations de Montagne (ANMSM), les taux d’occupation ont atteint 66% en juillet et août, en progression de 2,5% par rapport à 2025, et de 5% comparé à 2024. 

Les campings donnent un bon baromètre, ils représentent 50% des nuitées marchandes l’été. Selon les premières estimations de la Fédération nationale de l'hôtellerie de plein air (FNHPA) partagées à L'Écho touristique la semaine dernière, le nombre de nuitées recule de 1% à 2% cet été. Avec un plébiscite des terrains nus au détriment des mobil-homes, ce qui traduit des tensions sur le pouvoir d’achat.

Des ventes en recul de 5,1% depuis le début de l'année

Dans le top 20 des destinations vendues en séjour par les agences de voyages, on retrouve sans surprise la France en tête, pour des départs effectués du 1er janvier au 10 septembre.

Suivent l’Espagne (+0,1%), la Tunisie (-5,3%), la Grèce (-7,1%), le Maroc (+1,6%) et l’Italie (-5%). Seule l’Egypte enregistre une franche embellie de 14,3%, grâce notamment au nouveau musée du Caire. 

Une exception notable : l’Albanie affiche une insolente percée de +299% par rapport à 2025, boostée par une meilleure desserte aérienne. « Le pays a attiré 300 000 Français en 2025, soit autant que Malte », précise Linda Lainé.

Au global, depuis le début de l'année, les ventes de séjours en agences accusent une baisse de 5,1%.

BarometreOrchestra2026Janv Sept.
Données Orchestra pour L'Echo touristique© Orchestra pour L'Echo touristique

Le voyage sur mesure plébiscité

Hervé Tilmont, directeur général du Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto), a livré son analyse sur les flops de l’été : « Le coût du transport aérien explique sans doute le décrochage des îles espagnoles et grecques, au profit des zones continentales moins chères. De même, la Tunisie a souffert d’un acheminement aérien difficile et du manque d’entretien des plages ». Quant au désamour envers les États-Unis, il se poursuit. La destination est en recul de 26%, le coût de la vie sur place y est sans doute pour quelque chose aussi.

Sur le long-courrier, Guillaume Linton, président d’Asia, reconnaît des disparités dans les destinations asiatiques. « Le Japon a été victime d’annulations en raison des hubs aériens aux Émirats, regrette-t-il. Mais la Thaïlande et le Vietnam ont résisté. La Chine a bénéficié de vols directs, tout comme l’Inde et le Sri Lanka ». 

Les formules clubs plaisent toujours, en raison d’un cadre budgétaire fixé à l’avance, sans mauvaise surprise. Le voyage sur mesure gagne du terrain. En revanche, les circuits regroupés n’ont pas performé (-19% sur l'été), une tendance enregistrée chez Leclerc Voyages comme chez Asia. « La clientèle des circuits est plus âgée, plus frileuse, car plus sensible à l’environnement international », conclut Guillaume Linton.

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