Le tourisme international continue de progresser, mais à un rythme très nettement ralenti. Selon le dernier baromètre du tourisme mondial d’ONU Tourisme, environ 690 millions de touristes (+0,4%) ont voyagé à l’étranger entre janvier et juin 2026. Soit seulement 3 millions de plus qu’au premier semestre 2025. Les arrivées avaient augmenté de 2% au premier trimestre, avant de reculer de 1% au deuxième trimestre. En avril et en juin, elles ont aussi diminué de 3% à l’échelle mondiale.
Évidemment, la croissance ralentit sur fond de conflit au Moyen-Orient. L’Europe occidentale a enregistré une baisse de 6%, affectée notamment par une canicule dans plusieurs destinations, une demande long-courrier moins soutenue et des billets d’avion plus chers. En Asie du Sud-Est, les arrivées ont diminué de 5% en juin, sous l’effet combiné des tensions géopolitiques, des perturbations du trafic aérien transitant par le Moyen-Orient et de la hausse des coûts de voyage.
La fréquentation s'effondre au Moyen-Orient
La région directement concernée par le conflit est aussi celle qui enregistre le recul le plus marqué. Les arrivées internationales au Moyen-Orient ont ainsi chuté de 22% au premier semestre, après une baisse de 14% au premier trimestre. Et ce, alors que la zone affichait la plus forte dynamique de croissance depuis la fin de la crise sanitaire.
Les perturbations du trafic aérien et la dégradation de la confiance des voyageurs ont particulièrement pesé sur les destinations du Golfe. L’Égypte fait figure d’exception, avec une hausse de 3% des arrivées sur les six premiers mois de l’année, malgré un recul de 7% au deuxième trimestre. « Le tourisme poursuit sa croissance, mais celle-ci est fragile », analyse Shaikha Al Nuwais, la secrétaire générale d’ONU Tourisme.
Toutes les régions ne sont toutefois pas affectées de la même manière. L’Afrique affiche la meilleure performance du premier semestre, avec une hausse de 4% des arrivées. L’Afrique subsaharienne progresse de 6%, portée notamment par l’Afrique du Sud, tandis que l’Afrique du Nord augmente de 3%. L’Europe conforte son statut de première région touristique mondiale avec près de 350 millions de visiteurs internationaux sur la période (+3%). L’Europe méridionale et méditerranéenne progresse de 4%, tandis que l’Europe centrale et orientale augmente de 4%.
L'Asie-Pacifique inférieure de 11% à son niveau de 2019
Les Amériques affichent une hausse de 2%, avec de fortes disparités. L’Amérique centrale progresse de 15%, portée notamment par le Salvador (+37%), même si les volumes sont faibles. L’Amérique du Nord augmente également de 2%, avec des performances solides du Mexique (+5%) et du Canada (+4%). Le baromètre ne détaille pas la performance des États-Unis, qui avaient contribué au ralentissement de la région en 2025. Les Caraïbes stagnent, malgré la progression de la République dominicaine (+10%), tandis que l’Amérique du Sud recule de 2%.
L’Asie-Pacifique enregistre pour sa part une croissance limitée à 1% et reste inférieure de 11% à son niveau de 2019. L’Asie du Sud-Est recule de 1% et l’Asie du Sud de 5%, alors que l’Asie du Nord-Est, portée notamment par la Corée du Sud (+21%), progresse de 3%.
Dans ce contexte, ONU Tourisme a de nouveau révisé à la baisse ses prévisions. L’organisation table désormais sur une hausse comprise entre 1% et 2% des arrivées internationales, contre 3% à 4% dans ses calculs du début de l’année.