À l’Île Maurice, le couvre-feu est prolongé, mais l'activité touristique reste préservée

Face aux manifestations, le gouvernement mauricien a prolongé le couvre-feu nocturne, pour une quinzaine de zones, jusqu’à ce vendredi. Pour le moment, les opérations touristiques ne sont pas perturbées.

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Florian De Paola

Florian De Paola

15 octobre 20262 min de lecture

Ile Maurice
Pas si loin des plages paradisiaques, l'Île Maurice est secouée par des manifestions historiques (photo d'illustration).© Liga Meijere/Unsplash

Depuis plusieurs jours, l’Île Maurice est secouée par d’importantes manifestations. Les Mauriciens dénoncent notamment les pénuries d’eau, les coupures d’électricité, la cherté de la vie ou encore les violences policières commises depuis le déclenchement du mouvement. Un contexte social tendu qui a incité les autorités locales à décréter la mise en place d’un couvre-feu dès le 13 octobre, sur près d’un tiers du territoire mauricien. Ce dernier est au moins prolongé jusqu’au 16 octobre.

Concrètement, il est interdit de circuler dans quinze zones (voir carte) entre 20h30 et 6h du matin. « En cas de non-respect du couvre-feu, les contrevenants s’exposent à des sanctions », indique la Mauritius Tourism Authority (MTA). Une amende de 50 000 roupies mauriciennes (environ 940 euros, NDLR) et une peine maximale de cinq ans de prison sont notamment prévues par le décret.

Les déplacements « liés à l'aéroport international » autorisés

Des exceptions permettent toutefois de se déplacer dans l’île pendant le couvre-feu. Les urgences médicales, les achats de médicaments ou de « produits essentiels » sont des motifs autorisant la circulation. « Les déplacements liés à l’aéroport international Sir Seewoosagur Ramgoolam et au port de Port-Louis sont autorisés », précise aussi la MTA.

Carte Île Maurice couvre feu
© L'Écho touristique

Car, jusqu’ici, les opérations touristiques ne sont pas affectées à l’Île Maurice. Bien que plusieurs zones concernées par le couvre-feu soient proches de zones touristiques majeures (Case-Noyale, La Gaulette…), « il ne se passe rien » pour les touristes, assure Guy Zekri, le directeur général de Beachcomber Tours.

La haute saison touristique approche

Les déplacements intérieurs ne sont pas spécialement perturbés. « Toutes les routes de l’île sont praticables et libres de toute obstruction », confirme la police locale sur sa page Facebook. « Toutes les activités professionnelles et autres pourront reprendre normalement à la fin du couvre-feu », poursuit le communiqué. Les messages officiels se veulent donc rassurants, alors que la haute saison touristique approche à l’Île Maurice.

Ces événements interviennent en effet en pleine période de commercialisation pour les voyagistes. Mais, là encore, l’impact est encore faible, voire inexistant, selon Guy Zekri. « Quelques agences nous ont appelés hier, et nous les avons rassurées. À date, je n’observe pas non plus de ralentissement dans la prise de commandes », assure le dirigeant. La situation pourrait par contre se compliquer si elle venait à « durer ».

L’enjeu d’image est donc important pour l’activité touristique locale, pilier de l’économie mauricienne. Le secteur pesait en effet 9% du PIB de l’Île Maurice en 2023, et représente plus de 28 000 emplois directs. En 2025, l’Île Maurice a accueilli plus de 1,4 million de visiteurs étrangers (+3,9%), générant 103,4 milliards de roupies (environ 1,94 milliard d’euros) de recettes (+10,4%).

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