Pour vos deux marques Eluxtravel et La Route des Voyages, vous démarrez un programme d'ambassadeurs afin de vous ouvrir à "des indépendants du voyage et aux passionnés disposant d’un réseau qualifié". Autrement dit, vous vous ouvrez aux travel planners ?
Frédéric Savoyen : (rires). Oui. Eluxtravel s'ouvre à tout le monde, pas seulement aux travel planners. L'objectif est de répondre aux attentes du marché et à l'évolution du monde du travail. Nos réceptifs travaillent surtout avec les marchés britannique et américain. Sur ces marchés anglosaxons, le modèle de l'agence est très différent du nôtre. Les agences immatriculées sont des plateformes d'organisation financière, marketing et de formation avec des centaines, voire des milliers de vendeurs indépendants qu'on appelle parfois travel planners en France. Ces vendeurs accèdent d'ailleurs aux outils de travail comme des plateformes de fournisseurs. En revanche, la facturation passe par l'agence. Un tel modèle qui s'appuie sur les free-lance existe depuis 25 ans aux États-Unis. C'est parfaitement légal.
Et ce modèle arrive en Europe, m'aviez-vous récemment indiqué, quand nous parlions ensemble de la délégation Tourisme illégal des EdV, que vous co-dirigez avec Jean-Charles Franchomme.
Frédéric Savoyen : Le britannique 360 Private Travel a été l'un des premiers à avoir adopté ce modèle au Royaume-Uni, qu'il déploie aussi aux Pays-Bas, en Allemagne et en France. MyWay, lui, le développe à son tour en France. Nous, nous faisons face à différentes problématiques dans le voyage sur mesure. D'abord, nous sommes confrontés à des difficultés de recrutement de bons travel designers salariés, dans nos agences physiques. Nous en recherchons en permanence. De plus, un nombre croissant de personnes qui sont ou étaient en agence veulent travailler à distance et en toute indépendance. Nous avons décidé de les cibler à travers un programme d'ambassadeurs qui vise deux profils distincts.
Sur votre site de recrutement des ambassadeurs, vous ciblez effectivement le "passionné de voyages" et le "professionnel du tourisme". Qui sont-ils et comment s'articule la collaboration avec Elux ?
Frédéric Savoyen : Les deux profils bénéficient de nombreux services pour les accompagner, quand MyWay, lui, ne s'occupe que de la facturation. Nous voulons ainsi garantir une qualité de service qui correspond à notre positionnement. Nous avons déjà reçu près de 80 candidatures. Nous avons retenu huit ambassadeurs, quatre de chacun des deux profils. Nous rejoignent ainsi une vendeuse expérimentée et indépendante installée dans les Pyrénées, qui s'occupera des dossiers jusqu'à la pré-réservation. Dans le profil des "passionnés de voyages", nous avons la directrice d'une agence immobilière de luxe, et l'ancienne responsable d'une boutique Dior. Ces apporteurs d'affaires ont un réseau, ils font le brief client pour s'assurer que les profils des prospects correspondent à notre positionnement et connaissent notre approche tarifaire. Puis, ils redirigent vers un de nos travel designers. Leur travail consiste en une mise en relation qualifiée et ils sont rémunérés en conséquence.
Il existe une législation à respecter et un monde du travail qui évolue.
Avez-vous des influenceurs parmi vos ambassadeurs ?
Frédéric Savoyen : Non, même si on ne se l'interdit pas. Nous avons reçu beaucoup de candidatures d'influenceurs, que nous avons mises de côté. Ces influenceurs n'ont pas forcément le réseau qui correspond au voyage sur mesure. Leurs clients recherchent parfois principalement des aubaines.
Vous n'êtes définitivement pas en guerre contre les travel planners...
Frédéric Savoyen : Non. Je ne combats pas les travel planner. Je lutte contre l'exercice illégal de la profession. Contre ceux qui renvoient les voyageurs vers des réceptifs et des groupes hôteliers pour ensuite être rémunérés comme une agence de voyages immatriculée offrant toutes les garanties.
Mais en toute transparence, qu'un travel planner conseille et incite ses clients à se débrouiller pour réserver ne me dérange pas. Il y a des travel planners sérieux, qui passent par MyWay. D'autres désormais par nous. Quelques-uns décident aussi de s'immatriculer, ce qui peut donner l'exemple. D'ailleurs, ce serait bien que l'APST assouplisse ses règles drastiques, notamment pour les nouveaux entrants.
Frédéric Savoyen : Oui. Je gère d'ailleurs de la prochaine campagne. Il n'y a rien de contradictoire dans ma démarche. Il existe une législation à respecter et un monde du travail qui évolue.
*Entreprises du Voyage