Plus de deux mois après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, les voyagistes restent moroses. "Le niveau d’activité dépend directement du niveau d’anxiété que ressentent les Français", lance Cyrille Fradin, le PDG de Karavel/Promovacances, qui coiffe notamment les activités de Fram. "Et, aujourd’hui, les prises de parole publiques ne rassurent pas...", regrette le dirigeant. Et il est difficile de lui donner tort. Pénuries éventuelles de kérosène, vols régulés en cas de faibles remplissages ou, tout simplement, risque sécuritaires réels ou supposés : "la réponse du marché est simple : passivité et attentisme", constate Cyrille Fradin. Avec, mécaniquement, une baisse des prises de commandes. "Sur mars/avril, nous sommes en recul de 15% sur notre activité de voyage sur-mesure", confirme Rose-Marie Farrugia, la présidente du Cercle des Voyages. "Mais nous étions en avance, puisque 70% des ventes étaient engrangées le 28 février".
"Un TO en surchauffe"
"Comme tout le monde", le Club Med paie les conséquences du conflit et a vu ses réservations s’effondrer vers les Maldives, les Seychelles, l’Île Maurice et même, par extension, vers la Turquie. Mais avec une soixantaine de villages de vacances disséminés à travers le monde, la marque au trident a joué la carte des reports, dans les dates comme dans les destinations. Avec l’ouverture des ventes hivernales 2026/2027, dont une partie porte sur les sports d’hiver et n’a donc pas été impactée, le mois de mars "a été sauvé". Au Club Med, les ventes sont en croissance de "seulement" 2% à l’issue de cette séquence, indique Charlotte Bernin, directrice des marchés EMEA pour la marque au trident. Au-delà d’une activité commerciale en berne, le quotidien des équipes des voyagistes est bouleversé. "Comme à chaque crise majeure, nous avons activé notre cellule de crise, avec un process très structuré", raconte Rose-Marie Farrugia. Pour Karavel/Promovacances, moins de trafic en agence ou en ligne, et un "TO qui est en surchauffe", c’est "beaucoup d’impacts" au quotidien, notamment pour gérer les annulations aériennes en cascade. "Cela créée une suractivité qui n’est pas forcément saine pour les voyagistes", estime Cyrille Fradin.


