Alors que nous voguons vers un été bleu-blanc-rouge, les institutionnels du tourisme doivent-ils s'atteler à leur propre distribution digitale ? La station de La Plagne a franchi le pas, dès 2019, en créant son agence en ligne, avec Orchestra. "La Plagne se place avant les autres sur l’échiquier de la création de séjours et d’expériences, dominé par les géants du web, les GAFAM », se réjouit Thomas Saison, le directeur marketing de la société de remontées mécaniques. Dans le même esprit, l’Office de tourisme de la vallée de Chamonix entend bien vendre des forfaits à la montagne. Chamonix aura son site marchand au printemps, indique Christian Sabbagh, président d’Orchestra. La plateforme permettra ainsi de distribuer l’offre locale, en direct auprès des voyageurs. D’autres stations de la Vallée du Mont-Blanc devraient emboîter le pas à Chamonix. Au-delà des stations de montagne, l’entreprise technologique compte bien convaincre, aussi, des stations balnéaires. La crise du Covid-19, qui dope le tourisme de proximité, pourrait accélérer des projets.
Un travail d'orfèvre pour qualifier l'offre
La création d’une plateforme, pour un territoire, correspond à un long cheminement, estime Christian Sabbagh. « Ce n’est pas juste un outil. Il faut procéder à un grand maillage des produits, au-delà des hébergements. Il est nécessaire de s’approprier l’offre, la qualifier, avant de la distribuer. » Or le diable est, parfois, dans les détails. A la montagne, par exemple, la mention d’une distance à pied, de 300m jusqu’à la navette, peut revêtir une grande importance pour des vacanciers. « Sélectionner et assembler des offres diffuses, qu'ils vont distribuer, peut être une nouvelle mission des offices de tourisme, des Comités départementaux et régionaux du tourisme » habituellement rompus à la promotion. « Les acteurs locaux doivent construire des offres packagées, sur leur territoire. » Histoire aussi, de ne pas laisser le champ libre à des plateformes comme Booking et autres Airbnb.


