Après quatre journées de mobilisation depuis fin septembre, l’appel à la grève du jeudi 5 novembre réunit désormais l’ensemble des centrales syndicales (CFDT, CGT, FO, Unsa, FSU, CFE-CGC, CFTC et Solidaires), auxquelles se joint la coordination des Gilets jaunes. Les organisations syndicales exigent une hausse générale des salaires, le dégel du point d’indice des fonctionnaires, la revalorisation des pensions et du Smic, ainsi que des moyens supplémentaires pour les services publics. Dans les transports, l’ampleur des perturbations sera connue entre ce mardi soir pour le rail, et mercredi pour l’aérien.
« Grève totale » dans le ferroviaire ?
Le rail concentre les mots d’ordre les plus offensifs : les quatre fédérations représentatives de la SNCF appellent de concert à cesser le travail jeudi, Sud Rail promettant une « grève totale ». Les fédérations réclament un rattrapage salarial face à l’inflation, que l’Unsa chiffre à 2,6%. Une réunion se tient ce mardi matin au siège de Saint-Denis avec la direction, qui évoque de son côté un « point d’étape », avant les négociations annuelles de janvier 2027.
Tous les réseaux sont exposés : TGV, Intercités, TER et Transilien. La SNCF doit mettre en ligne son plan de transport sur SNCF Connect environ 48 heures avant les départs, une fois recensées les déclarations individuelles des grévistes. Les conditions d’échange et de remboursement des billets seront assouplies. La mobilisation intervient surtout à une date sensible pour la compagnie : son nouveau TGV M doit effectuer son voyage inaugural entre Paris-Gare de Lyon et Marseille-Saint-Charles le lendemain, vendredi 6 novembre.
Pas de préavis de grève dans l'aérien
Dans le secteur aérien, aucun syndicat de contrôleurs, de pilotes ou d’hôtesses et stewards n’a déposé de préavis spécifique à date. Les aiguilleurs du ciel, qui ont le statut de fonctionnaires, pourront toutefois cesser le travail grâce aux préavis déposés dans la fonction publique. L’USAC-CGT, premier syndicat de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) appelle par ailleurs ses agents à la grève, tout comme Sud Aérien pour les personnels au sol dans les aéroports.
Les contrôleurs grévistes ont jusqu’à ce mardi midi pour se déclarer. À partir de ce décompte, la DGAC indiquera d’ici mercredi aux compagnies le pourcentage de vols à supprimer par aéroport et par créneau horaire. Lors de la grève de la fonction publique du 29 septembre, elle avait demandé 5% d’annulations à Paris-Charles-de-Gaulle entre 7 heures et 20 heures, et 25% à Marseille-Provence en soirée. Des retards avaient également touché les aéroports de Nantes, Strasbourg, Limoges, Tarbes-Lourdes et Pau.
En cas de vol annulé sur demande de la DGAC, le règlement européen 261/2004 prévoit le remboursement ou le réacheminement du passager, mais dispense la compagnie de verser l’indemnité forfaitaire de 250 à 600 euros.
Quelques perturbations sur le réseau RATP
En Île-de-France, aucun préavis propre au 5 novembre n’a été déposé à la RATP. Les agents restent néanmoins couverts par un préavis illimité de la CGT-RATP ouvert le 28 septembre. Les prévisions de la régie sont attendues d’ici mercredi.
Même si le métro roule normalement, les déplacements franciliens seront compliqués ce jeudi : la grève à la SNCF pourra toucher les RER C, D et E, ainsi que les branches des RER A et B co-exploitées par la compagnie ferroviaire. Dans Paris, la préfecture de police fermera également plusieurs stations sur le passage du cortège syndical, que la CGT souhaite faire défiler de Bastille à Concorde.