Puy du Fou

Transport & Environment appelle le gouvernement à renoncer à l’extension de Paris-Charles-de-Gaulle

Jugé incompatible avec la trajectoire bas-carbone nationale, le futur agrandissement de Paris-Charles-de-Gaulle est vivement contesté par les ONG.

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Eglantine L’Haridon

Eglantine L’Haridon

14 septembre 20262 min de lecture

roissy
Photo d'illustration.© Peter Bucks/Unsplash

Le bras de fer est relancé. L’ONG Transport & Environment monte au créneau contre l’extension programmée de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle. Avec le Réseau Action Climat et Rester sur Terre, l’ONG somme l’exécutif de renoncer à l’accord conclu fin juillet 2026 avec le Groupe ADP, qui valide le Contrat de régulation économique proposé par le groupe pour les années 2027 à 2034. Ce dernier prévoit 8,3 milliards d’euros d’investissement sur les sept années à venir, dont 6 milliards pour le seul hub de Roissy.

Sur le papier, cette première tranche prépare un schéma directeur à l’horizon 2050 taillé pour accueillir 38% de passagers supplémentaires par rapport à 2019, soit 29 millions de voyageurs de plus, et absorber une hausse de 19% des mouvements d’avion. Ainsi, pour absorber cette croissance, ADP mise sur une refonte lourde de ses infrastructures. Et si le groupe a renoncé à son projet de « Terminal 4 » à Roissy, il attend quatorze millions de passagers additionnels, portés par la création de quinze postes de stationnement pour les gros-porteurs, et sept pour les moyens-porteurs. L’objectif : orienter la plateforme vers l’international et long-courriers.

Enjeux climatiques

Un non-sens au regard des enjeux climatiques et des engagements nationaux, selon les ONG. D’après les calculs de T&E, les rejets de CO2 du site dépasseraient 6 millions de tonnes par an en 2050 avec cette extension, soit 28% de plus qu’en cas de statu quo. Un niveau quatre fois supérieur au budget indicatif de 1,3 million de tonnes assigné à l’aéroport dans la Stratégie national bas-carbone. « Si le gouvernement veut être cohérent sur sa politique climatique, il doit renoncer à signer le nouveau contrat de régulation économique et forcer Aéroports de Paris à abandonner son projet d’extension », insiste Jérôme du Boucher, responsable aviation de T&E France. « Le développement des carburants alternatifs ne permettra pas, à lui seul, de décarboner l’aérien. La question de la limitation du nombre de vols doit être mise sur la table. »

Au-delà de l’impact environnemental, les associations attaquent la rentabilité de ce modèle pour l’économie touristique hexagonale. Les aéroports français acheminent en effet, selon les organisations, davantage de voyageurs vers l’étranger (62%) qu’ils n’attirent de touristes étrangers vers la France (38%). Or, cette dynamique émettrice progresse plus vite que les arrivées internationales (+4,1 % contre +3 % en 2025). « Les aéroports français font partir beaucoup plus de touristes à l’étranger qu’ils n’en font venir. On ne comprend donc pas bien l’intérêt d’ajouter des millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère pour un solde touristique probablement négatif », souligne Alexis Chailloux, responsable transports au Réseau Action Climat.

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