Décarbonation : à son tour, l’aéroport de Bordeaux électrifie ses postes de stationnement

L’aéroport de Bordeaux-Mérignac investit 6,5 millions d’euros pour alimenter et climatiser à l’électricité les avions en escale sur son tarmac.

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Eglantine L’Haridon

Eglantine L’Haridon

21 octobre 20262 min de lecture

Bordeaux Aéroport
Bordeaux Aéroport engage 6,5 millions d'euros pour accélérer sa décarbonation (photo d'illustration).© Bordeaux Aéroport

4100 tonnes d’équivalent CO2 évitées chaque année, dès 2027. C’est le gain affiché par l’aéroport de Bordeaux, qui a officialisé ce mercredi 21 octobre la mise en service de nouvelles infrastructures électriques sur son tarmac. En équipant 20 emplacements supplémentaires, la plateforme girondine dote désormais l’intégralité de ses 29 postes avions dédiés au trafic de passagers de prises de 400 hertz. Vingt unités mobiles de climatisation électriques viennent compléter le dispositif pour maintenir la température en cabine sans brûler de kérosène.

Co-financement avec l'Union européenne

En escale, ces équipements permettent aux compagnies aériennes de couper le moteur auxiliaire de puissance situé à l’arrière des appareils, ainsi que les groupes électrogènes alimentés au diesel jusqu’ici mobilisés au sol. Alimentées par une électricité garantie 100% renouvelable, les installations ciblent directement le « scope 3 » de la concession – les émissions indirectes générées par les transporteurs clients.

D’un montant global de 6,5 millions d’euros, l’opération s’appuie en fait sur un montage financier tripartite : outre le recours à un ensemble de banques régionales, le gestionnaire aéroportuaire a contracté un prêt « mezzanine » de 2,2 millions d’euros auprès de la Banque des territoires. Surtout, le chantier est cofinancé par l’Union européenne via le mécanisme Alternative Fuels Infrastructure Facility (AFIF).

Ainsi, rien qu’en novembre 2025, la Commission européenne a débloqué plus de 600 millions d’euros via ce guichet, pour verdir les corridors de transport, incluant l’électrification au sol de 16 aéroports du continent.

Réglementation

Si Bordeaux Aéroport affirme « anticiper » les normes européennes, cette modernisation répond avant tout à une échéance légale déjà entrée en vigueur : le règlement européen AFIR (Alternative Fuels Infrastructure Regulation) impose en effet aux aéroports européens de fournir une alimentation électrique sur tous leurs postes au contact depuis le 1er janvier 2025. L’obligation s’étendra à l’ensemble des postes éloignés (au large) d’ici au 1er janvier 2030.

Bordeaux-Mérignac est d’ailleurs loin d’être le premier aéroport français à passer à l’action. À Paris-Charles de Gaulle et Orly, où l’usage de moyens de substitution de substitution est obligatoire depuis plus de dix ans, la quasi-totalité des postes au contact et plus de la moitié des postes au large sont équipés en prises 400 hertz dès 2023. En régions, plusieurs plateformes comme Montpellier-Méditerranée (3 millions d’euros dès 2023) ou Nantes-Atlantique (15 millions d’euros fin 2024) ont devancé la capitale girondine. De Lyon à Nice en passant par Marseille et Toulouse, ainsi que dans les grands hubs européens (Zurich, Genève, Bruxelles, Schiphol ou Heathrow), l’électrification des postes au contact est désormais la norme et s’étend aux parkings éloignés.

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