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Air France ajuste 130 trajectoires pour réduire l’impact climatique des vols

Air France a testé le reroutage de 130 vols pour éviter les traînées de condensation persistantes et réduire leur impact climatique.

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Eglantine L’Haridon

Eglantine L’Haridon

18 septembre 20262 min de lecture

Air France
Air France a testé le reroutage de 130 vols afin de limiter la formation de traînées de condensation persistantes.© Valery HACHE / AFP

Les traînées de condensation constituent l’un des principaux effets climatiques dits « non-CO2 » de l’aviation. Entre février et avril 2026, Air France a testé des modifications de trajectoire sur 130 vols transatlantiques afin d’éviter les zones atmosphériques les plus propices à leur formation persistante.

Menée au-dessus de l’Atlantique Nord, la campagne a porté sur près de 4 300 vols commerciaux. Avec l’appui d’Estuaire et de Klima, deux start-up françaises spécialisées dans les effets climatiques de l’aviation, la compagnie a croisé les données météorologiques et les paramètres de vol afin d’identifier les zones où des traînées persistantes avaient le plus de chances de se former.

Diminution de 8% de l'impact écologique

Sur le papier, la méthode paraît simple : éviter certaines altitudes ou portions de route lorsque l’atmosphère est à la fois très froide et suffisamment humide. Dans les faits, l’exercice se heurte aux contraintes du transport aérien long-courrier, à la disponibilité des itinéraires et à l’autorisation du contrôle aérien. Parmi les 245 vols considérés comme particulièrement exposés, 130 seulement ont finalement été reroutés. Air France assure que ces changements n’ont entraîné aucun retard pour les passagers concernés.

Les premiers résultats avancés par la compagnie sont significatifs, mais restent circonscrits au périmètre de l’expérimentation : les vols dont la trajectoire a été modifiée auraient permis d’éviter un impact climatique équivalant à 22 000 tonnes de CO2. Rapporté à l’ensemble des vols observés, l’impact des traînées aurait diminué de 8%. Pour les seuls appareils reroutés, la réduction atteindrait 57% pour les traînées et 36% pour l’impact climatique global du vol.

Généraliser la stratégie

L’étude confirme surtout que le phénomène est très concentré. Selon Air France, 3% des vols analysés représentaient 25% de l’impact total des traînées sur la zone étudiée. De quoi conforter une approche sélective, fondée sur l’identification des vols les plus sensibles, plutôt qu’un changement généralisé des plans de vol.

Reste à vérifier si cette stratégie peut être transposée à des espaces aériens plus fréquentés. L’Atlantique Nord offre un cadre relativement lisible pour tester les modèles, tandis que les zones proches des grands hubs imposent davantage de contraintes de circulation. La fiabilité des prévisions météorologiques et la coordination avec les contrôleurs aériens seront également déterminantes.

Réalisée dans le cadre du projet européen Ciconia, qui réunit notamment des chercheurs, des compagnies aériennes, Airbus et Boeing, cette campagne constitue une étape de recherche appliquée. Elle ne prétend pas supprimer les traînées de condensation, mais cherche à concentrer les efforts là où leur effet climatique potentiel est le plus élevé.

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