La croisière fluviale a le vent en poupe

En 2027, 21 nouveaux navires de croisières fluviales entreront en service, selon les chiffres de la Cruise Lines International Association (Clia). Du tourisme local aux géants du voyage, en passant par les compagnies de luxe, le segment, pourtant très exposé au réchauffement climatique, attire toujours plus d’acteurs du secteur.

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Florian De Paola

Florian De Paola

16 octobre 20262 min de lecture

Lyon tourisme fluvial croisière
La croisière fluviale attire de nombreux opérateurs du secteur (ici, à Lyon) malgré une imprévisibilité qui va se renforcer au fil des années.© Thomas K/Unsplash

2027 sera une année faste pour l’industrie de la croisière fluviale. Selon Clia Europe, 21 nouveaux navires seront mis en service. L’année sera notamment marquée par l’arrivée sur le marché de Celebrity River Cruises, avec ses deux premiers navires ou encore le lancement de l’élégant RV Brasilian Dream de CroisiEurope. TUI River Cruises ajoutera pour sa part le TUI Luzia à sa flotte, sur le Douro. La compagnie fera même son arrivée sur la Seine en 2028.

Ces navires rejoindront les fleuves et voies navigables du monde entier, des axes historiques de l’Europe (Rhin, Danube, Douro, Seine…) au Mékong, en passant par l’Amazonie. « Pour les agents de voyages, c’est toujours plus de possibilités de proposer à leurs clients la croisière fluviale qui leur correspond », se réjouit Andy Harmer, directeur général de CLIA UK & Ireland.

Une clientèle internationale et dépensière

Les compagnies maritimes et les voyagistes généralistes investissent ce segment parce qu’il est contributeur. Largement internationale – les Américains et Canadiens sont par exemple friands de croisières sur les fleuves du Vieux-Continent – la clientèle des croisières fluviales est dépensière. En 2024, 1,39 million de passagers ont navigué sur les fleuves européens, générant 3,54 milliards d’euros de recettes brutes de billetterie.

Les passagers issus de marchés lointains représentaient 46% des voyageurs, mais 71% des recettes, avec une durée moyenne de séjour supérieure à celle des clientèles européennes*. Mais l’enthousiasme des opérateurs vise plutôt à capter un potentiel de croissance qu’un marché déjà structurant.

Un marché encore en reprise

En Europe, la croisière fluviale n’a par exemple pas retrouvé son niveau d’avant la pandémie. En 2019, 1,79 million de passagers avaient ainsi navigué sur les eaux douces européennes, soit 28,8% de plus qu’en 2024. Dans le même temps, la flotte s’est agrandie, passant de 378 à 408 bateaux. L’offre a donc progressé bien plus vite que la fréquentation.

Le risque structurel, à court, moyen et long terme, lié au réchauffement climatique et à ses effets (sécheresse), ne semble pas non plus refroidir l’enthousiasme général. Pourtant, les faits sont indéniables. À l’été 2026, des niveaux particulièrement bas ont affecté le Rhin, le Danube et plusieurs canaux français.

Des risques structurels liés au réchauffement climatique

Selon Voies navigables de France (VNF), 97,5% du réseau à grand gabarit est resté opérationnel l’été dernier, mais seulement 71,5% du réseau à petit gabarit. Les cours d’eau à sec ou presque ont obligé les compagnies à changer des navires, opérer des transferts en autocar voire remplacer des nuits à bord par des nuitées hôtelières pour maintenir leurs programmes.

À l’automne 2025, VNF avait déjà interdit le passage des écluses dans le Canal du Midi, sauf pour « motifs exceptionnels », après un été très chaud et un automne exceptionnellement sec. Les armateurs misent donc sur les fleuves alors qu’ils n’ont jamais été aussi imprévisibles.

*Commission centrale pour la navigation du Rhin (CCNR)

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