En 2026, Fram a observé la même trajectoire que de nombreux voyagistes français. À savoir : un début d’année canon, et un printemps quasiment à l’arrêt suite au déclenchement du conflit au Moyen-Orient, fin février. « Les ventes ne se sont pas effondrées dès le lendemain », précise toutefois Cyrille Fradin. Mais la multiplication des messages anxiogènes (inquiétudes liées à la guerre, inflation, pénuries redoutées de carburant…) ont fini par plomber le moral des consommateurs, qui ont privilégié l’attentisme, analyse le dirigeant.
« Quand les mois du printemps sont négatifs, c’est très difficile à rattraper », explique Cyrille Fradin. « Et, à chaque saison, on joue notre survie », poursuit l’ancien directeur financier du groupe. La formule, qui illustre la pression qui pèse sur les voyagistes généralistes dans un marché fortement saisonnier, ne traduit toutefois pas une menace pesant sur la pérennité de Fram. « Le marché s’est redressé à l’approche de l’été ». Le groupe a même constaté 20% d’augmentation des ventes de dernière minute en juillet et août : du jamais vu.
« Nos chiffres seront moins bons qu'en 2025 »
Ce sursaut in extremis permet au voyagiste de limiter la casse sur l’ensemble de l’exercice. « Même si vous vendez fortement en dernière minute, vous ne rattrapez toutefois pas l’ensemble des semaines qui ont été perdues », rappelle Cyrille Fradin. Le voyagiste devrait ainsi terminer 2026 avec des résultats inférieurs à ceux de 2025, mais « rien de catastrophique. Nos chiffres seront moins bons que l’année dernière, mais ils seront bons », assure Cyrille Fradin.
Pour maintenir ses volumes, le voyagiste a toutefois dû rogner sur ses marges, concède le dirigeant. « Le panier moyen progresse d’environ 3% : c’est moins que la hausse des prix des voyages. Donc il y a forcément une petite détérioration au niveau de la marge. Mais elle reste relativement limitée », précise Cyrille Fradin. Et ce contexte difficile permet aussi au tour-opérateur « de réaffirmer sa valeur ajoutée ». L’accompagnement d’un intermédiaire en cas de crise, couplé à une production variée adressant plusieurs typologies de clientèles différentes, deviennent ainsi les principales forces commerciales de Fram.
« Le nerf de la guerre, c’est le produit », estime d’ailleurs Cyrille Fradin, avant de se féliciter du lancement réussi de Fram Signature, une gamme de voyages ciblant une clientèle à la recherche d’expériences plus haut de gamme. « Cette ligne de produit fait déjà entre 10 et 20 millions d’euros de chiffre d’affaires, et ce sans aucun effort commercial particulier », si ce n’est l’édition d’une brochure dédiée. Après une première année consacrée à tester le positionnement et la demande, Fram entend désormais donner davantage de visibilité à cette offre. « L’année deux ne sera pas l’année une », prévient Cyrille Fradin. Et Fram travaille déjà à l’élargissement de cette offre pour l’été 2027.