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À Zanzibar, Jet tours dévoile les ambitions d’un tour-opérateur en pleine croissance

Relancé au printemps 2025 par NG Travel, Jet Tours accélère son offensive.

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Eglantine L’Haridon

Eglantine L’Haridon

28 septembre 2026Mis à jour le 28/09/20266 min de lecture

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Sébastien Mano, le directeur commercial B2B de Jet tours, à Zanzibar, en septembre 2026.© Eglantine L'Haridon

« La place du club moyen de gamme est déjà occupée sur le marché, y compris par nous, avec Coralia. Nous avons estimé qu’il y avait un espace pour un produit au-dessus de ce qui existe déjà, et le marché nous donne raison. » Pour Sébastien Mano, directeur commercial B2B du tour-opérateur Jet tours, le diagnostic posé lors de la relance de la marque n’a pas varié. 18 mois après son retour officiel dans les circuits de distribution, en mars 2025, l’ancienne filiale emblématique d’Air France puis de Thomas Cook a quitté sa phase de convalescence, et engage désormais une montée en puissance méthodique.

À Zanzibar, où le voyagiste réunissait ces derniers jours une sélection d’agences de voyages pour un éductour, la stratégie du groupe NG Travel se donne à voir dans le détail. Les invités sont logés au Kappa Senses, établissement cinq étoiles inauguré début septembre 2026 axé sur le luxe intimiste et les villas privatives. Mais ne manquent pas non plus de découvrir l’offre du Club Jet tours Anaya attenant. Cette configuration ne doit rien au hasard : elle matérialise la passerelle que le troisième tour-opérateur français entend bâtir entre ses actifs hôteliers propres et la force commerciale d’une marque historique.

50 millions de chiffre d'affaires en 2026

Rachetée en 2020 par NG Travel, après la faillite de Thomas Cook, la marque avait d’abord été cantonnée à un rôle de distributeur en ligne B2C. Un an et demi après sa renaissance en tant que tour-opérateur B2B à part entière, officialisée au printemps 2025 sous la direction de Philippe Sangouard, les premiers indicateurs d’activité témoignent d’une accélération sensible.

Sur l’exercice 2025, pénalisé par un lancement tardif en mars sans offre de clubs, le voyagiste avait enregistré 5 millions de chiffre d’affaires. Pour l’exercice 2026, Jet tours table sur un atterrissage aux alentours de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires global, dont plus de 50% réalisés auprès des agences de voyages. « Sur 2026, nous allons quintupler notre activité en B2B », précise Sébastien Mano. « C’est une vraie phase de lancement, un très beau démarrage, malgré un contexte de marché attentiste au printemps. »

La trajectoire financière fixée par l’état-major du groupe reste inchangée : atteindre 150 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici trois ans (à l’horizon 2028) et 180 à 200 millions d’euros dans cinq ans. Si la marque évolue encore loin des 460 millions de volume d’affaires brassés par sa grande sœur Boomerang Voyages, sa dynamique interne est désormais identifiée au sein du groupe auquel elle appartient.

Le club 5 étoiles comme clé de voûte

Pour se faire une place dans les linéaires sans cannibaliser les marques de Boomerang (Kappa Club, Club Coralia, Club Eldorador), Jet tours a concentré ses efforts sur un concept hybride haut de gamme. Le cahier des charges des « Club Jet tours » impose une hôtellerie exclusivement cinq étoiles, avec accès direct à la plage, une note Booking supérieure ou égale à 8,5/10, des restaurants à la carte inclus dans la formule tout compris, un encadrement renforcé et des espaces dédiés.

Le concept puise dans les expertises du groupe : l’immersion culturelle de Kappa Club (avec des sorties chez l’habitant et autres ateliers), la convivialité de Coralia et l’ADN sportif d’Eldorador. « Sur tous les clubs Jet tours, nous mettons au moins deux sports en avant avec des coachs dédiés », détaille Sébastien Mano. « À Zanzibar, ce sont le fitness et le padel. En Thaïlande, nous avons le fitness et la boxe thaï grâce à un gymnase climatisé équipé d'un ring. En République dominicaine, nous mettons l'accent sur les sports nautiques. Ce niveau d'encadrement n'existe pas chez Kappa, où la vocation est purement tournée vers la découverte locale. »

Le portefeuille de clubs s'étoffe rapidement. Après s'être appuyé cet été sur trois adresses phares (l'Ostria Resort & Spa en Crète, ancien navire amiral d'Eldorador basculé sous pavillon Jet tours avec 280 chambres engagées, le Khaolak Marriott en Thaïlande et l'Anaya Zanzibar), Jet tours a annoncé lors de l'IFTM 2026 l'ouverture de trois nouveaux clubs 5 étoiles : l'Ocean Riviera Paradise au Mexique, le Paradisus Grand Cana en République dominicaine et The Eden Beruwala au Sri Lanka.

Un club à soi

L’un des éléments de différenciation les plus structurants réside toutefois dans la volonté de NG Travel d’agir en propriétaire hôtelier. A Zanzibar, le groupe a fait sortir de terre les deux complexes mitoyens, le Kappa Senses (85 villas de luxe) et Anaya (132 chambres et bungalows).

Pour un tour-opérateur, posséder ses murs marque une rupture avec le modèle traditionnel de l'achat d'engagements auprès d'hôteliers tiers. « C'est un investissement financier lourd, mais il y a moins d'intermédiaires et cela permet une maîtrise du produit beaucoup plus rapide », explique Sébastien Mano. « On est chez nous. Pour installer nos concepts d'animation, choisir les espaces d'activités, loger confortablement les animateurs pour qu'ils soient opérationnels, il n'y a pas de négociation complexe avec un hôtelier qui aurait d'autres marchés. Lorsqu'un client a une demande spécifique, un mariage ou une attention particulière, on sait que tout passe sans blocage. »

Selon la direction, ce modèle capitalistique, amorti sur une durée estimée à trois ou quatre ans par établissement, a vocation à se reproduire. Des prospections foncières sont actuellement menées pour construire ou racheter des établissements à Marrakech, en Thaïlande et en République dominicaine, avec pour objectif de développer à terme une chaîne de 3 à 4 Kappa Senses et de 2 à 3 clubs Anaya.

Reconquérir les agences

La conquête des réseaux de distribution demeure le nerf de la guerre. Face au foisonnement des offres sur les moteurs de réservation, où le mot-clé « club » agrège sans distinction toutes les gammes, Jet tours mise sur une présence physique soutenue. Début 2026, un « blitz » commercial a mobilisé les équipes du TO pour visiter 2 200 points de vente à travers la France, dont 420 en Île-de-France.

Si les équipes régionales demeurent pour l'instant mutualisées avec Boomerang Voyages, la marque dispose déjà de trois commerciaux exclusifs en région parisienne. « À terme, l'équipe commerciale Jet tours est appelée à devenir totalement indépendante partout en région », confirme Sébastien Mano.

Pour sceller cette alliance avec les vendeurs, Jet tours a officialisé le lancement de son « Programme Partenaire », opérationnel début 2027. Accessible à partir d'un seuil de 50 000 euros de chiffre d'affaires annuel réalisé avec le voyagiste, ce label offre aux agences sélectionnées un fonds marketing dédié dès la première année, une ligne de réservation prioritaire, des éductours réservés, des points commerciaux trimestriels et la redirection des demandes clients issues du site B2C vers les vitrines physiques partenaires. Initialement plafonné à 50 agences pour sa première promotion, le programme enregistre déjà plus d'une quarantaine de candidatures une semaine après sa présentation sur les salons professionnels.

Le défi des prochains mois consistera à maintenir le niveau d'exigence promis alors que les volumes s'envolent. Mais pour l'équipe commerciale, le plus dur, réinstaller la confiance et la notoriété d'un nom historique auprès des distributeurs, semble en passe d'être accompli. Et Sébastien Mano de l’assurer : « Notre cap tient toujours. C’est la preuve qu’il y a un vrai espace pour Jet tours sur le haut de gamme. »

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