Le groupe mauricien investit le segment du résidentiel hôtelier avec une offre hybride entre appartement privé et resort, sous la marque Estella by Sunlife. La première adresse ouvre le 1er décembre à La Pirogue, sur la côte ouest de l’île Maurice.
Après les resorts, les villas privées et les expériences, Sunlife élargit son portefeuille. Avec Estella by Sunlife, le groupe lance une nouvelle collection lifestyle pour « renouveler les codes du séjour balnéaire ».
« Le concept dispense le voyageur d'arbitrer entre l’intimité d’une maison et les services d’un resort », résume Ramesh Jeenarain, Chief Sales & Marketing Officer de Sunlife.
Pour son lancement, Estella s’installe à La Pirogue, sur la côte ouest de l’île Maurice. Quelque 45 résidences ont été aménagées pour répondre notamment aux attentes des familles et des groupes. Chaque logement dispose d’une cuisine et donne accès aux infrastructures de l’hôtel, tandis qu’une piscine est réservée aux résidents.
L’offre se veut aussi flexible dans les services : courses livrées, kits à cuisiner, chef privé, équipements pour enfants, housekeeping ou encore expériences bien-être peuvent être organisés. « On sait que cela va fonctionner car il y a une demande pour de l’hébergement alternatif », estime Yann Lloret, directeur des ventes et du marketing pour la France et la Belgique.
Une demande particulièrement forte en France, premier marché de la parahôtellerie à Maurice. « Près de 50% de la clientèle française ne séjourne pas dans un hôtel, une partie privilégiant les résidences secondaires, les locations (type Airbnb, NDLR) ou l’hébergement chez des proches », explique le responsable. Avec Estella, Sunlife entend ainsi séduire cette clientèle déjà familière de ces modes d’hébergement, en lui proposant un compromis entre l’indépendance d’une résidence et les services et l’expérience d’un hôtel.
La commercialisation sera assurée sur l’ensemble des canaux du groupe, auprès des tour-opérateurs comme des agences. Une distribution qui s’appuie notamment sur les TO français, à l’origine de 75% des ventes de Sunlife.
Le concept Estella sera progressivement décliné dans les autres établissements du groupe. Un projet de développement au Long Beach est notamment prévu à l’horizon 2029.
« avril et mai ont été catastrophiques »
Cette stratégie intervient alors que la France demeure un marché essentiel pour l’île Maurice comme pour Sunlife. En 2025, 337 502 touristes français ont visité l’île, soit 23,5% des arrivées internationales, faisant de l’Hexagone le premier marché émetteur.
Pour Sunlife, l’exercice 2025/2026, clos fin juin, a été marqué par un net ralentissement au printemps. « Après le déclenchement du conflit entre les Etats-Unis et l’Iran, avril et mai ont été catastrophiques. L’activité a réellement repris début juin », explique Yann Lloret.
Le groupe a néanmoins limité le recul à 5% des nuitées françaises, tandis que son chiffre d’affaires progressait lui de 3%. À l’échelle du groupe, les nuitées ont augmenté de 3% et les revenus de 6%. « On a perdu notre avance, mais on reste compétitifs », résume-t-il.
Redressement en juin
Le redressement s’est confirmé au fil de l’été. Après avoir accusé jusqu’à 17% de retard sur les prises de commandes pour 2026/2027 en avril, Sunlife n’en enregistrait plus que 4% début septembre, porté par la reprise des réservations en juillet, août et début septembre. Une performance d’autant plus notable que 150 chambres de l’hôtel Ambre ont été temporairement fermées pour rénovation.
À périmètre comparable, le groupe estime ainsi avoir retrouvé son niveau de nuitées de l’an dernier, avec un chiffre d’affaires en hausse de 6%. « On voit aujourd’hui une belle reprise », souligne Yann Lloret.
Sunlife a par ailleurs engagé un programme d’investissements et de rénovations. The Bay Club at Anahita doit notamment accueillir de nouveaux restaurants et une nouvelle plage, tandis que le spa de Sugar Beach sera rénové et que l’hôtel Ambre fait l’objet d’une rénovation complète. Des investissements qui doivent notamment permettre au groupe d'inciter les clients à revenir. À La Pirogue, par exemple, les repeaters représentent chaque année 22% de la clientèle.
50 ans pour la Pirogue, et une nouvelle directrice générale pour le groupe
C’est justement à La Pirogue que Sunlife s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire. Le lancement d’Estella intervient en effet à l’occasion des 50 ans du resort. Le concept accueillera ses premiers clients le 1er décembre, avant son inauguration officielle le 4 décembre, date à laquelle La Pirogue célébrera également son anniversaire.
Une nouvelle page s'ouvre également à la tête du groupe. À compter du 1er octobre, la Britannique Joelle Edwards-Tonks succède à la direction générale à François Eynaud, qui continuera d’accompagner le groupe. Arrivée chez Sunlife en 2020, elle occupait jusqu’ici le poste de Chief Commercial and Operations Officer. Elle a notamment accompagné le rebranding de la marque il y a quatre ans et le développement des expériences dans les resorts.