JO d'hiver 2030 : Roux de Bézieux, l'ex-président du Medef, nouveau président après le départ de Grospiron

Un entrepreneur plutôt qu'un sportif : Geoffroy Roux de Bézieux a été nommé jeudi nouveau président du Comité d'organisation des JO-2030. Et ce, sept semaines après la démission de l'ancien champion de ski de bosses Edgar Grospiron.

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Linda Lainé

Linda Lainé

30 octobre 20264 min de lecture

Geoffroy Roux de Bézieux
Geoffroy Roux de Bézieux© AFP

La désignation du chef d'entreprise de 64 ans ouvre un nouveau chapitre pour l'instance chargée d'organiser ces Jeux olympiques et paralympiques d'hiver Alpes 2030, plombée ces derniers mois par une crise de gouvernance qui avait culminé avec le départ d'Edgar Grospiron.

« On n'est pas en retard, on n'est pas en avance non plus »

« C'est le job d'une vie », a lancé le nouveau patron lors d'une courte prise de parole devant la presse après sa désignation lors d'une assemblée générale extraordinaire au siège du Comité à Décines-Charpieu, près de Lyon.

« J'y vais avec beaucoup d'enthousiasme. À titre personnel j'ai vécu les deux quinzaines Olympiques de Paris 2024 comme un moment enchanté (...) et j'aimerais pouvoir faire revivre ça à nos concitoyens en 2030 », a également affirmé « GRB », qui sera sur le terrain la semaine prochaine.

« On n'est pas en retard, on n'est pas en avance non plus », a-t-il aussi assuré, entouré de la ministre des Sports Marina Ferrari, du président d'Auvergne-Rhône-Alpes Fabrice Pannekoucke - région organisatrice avec PACA -, de la présidente du CNOSF Amélie Oudéa-Castéra et de l'ancien Premier ministre Michel Barnier.

« GRB » déjà dans l'organigramme du Comité d'organisation

Revenant sur son profil d'homme d'affaires, celui-ci a relevé : « Il est arrivé, y compris dans des Jeux récents, à l'extérieur de la France, que ce soit un chef d'entreprise ou une personnalité n'étant pas champion olympique » qui endosse cette responsabilité.

Le nouveau responsable était déjà dans l'organigramme du Comité d'organisation des Jeux, où il dirigeait le comité des rémunérations depuis avril. Il a aussi été membre du conseil d'administration de Paris 2024.

Cet entrepreneur multicartes qui a dirigé le Mouvement des entreprises de France (Medef, 2018 à 2023) et l'Unédic, a aussi siégé dans diverses instances liées au sport et pratique en amateur le vélo et le triathlon.

La ministre des Sports a insisté sur ses qualités « d'écoute », et M. Barnier sur sa capacité à « respecter les équipes », allusion indirecte à la crise de gouvernance qui secouait depuis plusieurs mois le Cojop.

« Cette nomination à l’unanimité donne un nouvel élan au projet », a souligné la présidente du CNOSF Amélie Oudéa-Castéra, avant de fixer des objectifs. Il faut notamment, selon elle, « continuer à mieux embarquer les forces vives de la société civile et les territoire » et « sécuriser les équilibres économiques et budgétaires ».

Des couacs à répétition

Les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 ont enchaîné les couacs de préparation. Au terme d'une longue période de tensions internes et de désaccords sur la gouvernance, Edgar Grospiron a annoncé le 10 septembre sa démission de la présidence du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) Alpes françaises 2030. Le médaillé d'or aux JO d'Albertville en 1992 a jeté l'éponge après un an et demi.

Son départ a suivi celui en février de son numéro 2 Cyril Linette, précédé par la directrice des opérations, le directeur de la communication et le président du comité des rémunérations, Bertrand Méheut.

Cette instabilité n’est pas sans conséquences sur le choix des sites et la préparation des infrastructures. La France doit organiser des Jeux d’hiver éclatés géographiquement, avec des épreuves réparties entre les massifs alpins et le pôle glace de Lyon. Faute d’équipement adapté en France, le patinage de vitesse se déroulera par ailleurs aux Pays-Bas. Une configuration qui complexifie encore la logistique et la coordination du projet.

Deux régions, plusieurs sites

Convaincre les futurs sponsors, apaiser le climat social en interne, composer avec les parties prenantes, rassurer sur le pilotage du projet... à trois ans et demi de la cérémonie d'ouverture, les gros dossiers ne manquent pas pour le nouveau président au profil aussi plus politique. Or la dimension politique est très importante pour cet événement sportif d'envergure mondiale.

Nombre d'observateurs ont dans le rétroviseur les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, couronnés de succès. Son patron Tony Estanguet avait bénéficié d’une gouvernance stable et d’un projet plus compact. Alpes 2030 doit, au contraire, composer avec deux régions (Auvergne-Rhône-Alpes ; Provence-Alpes-Côte d’Azur) et des sites éloignés les uns des autres. Dans ce contexte, le retard dû au changements de gouvernance est peu discutable, malgré les déclarations du nouveau président.

Les Jeux olympiques (1er-17 février 2030) et paralympiques (1er-10 mars 2030) se dérouleront sur différents pôles principaux. Savoie, Haute-Savoie et Briançonnais, qui accueilleront les compétitions ainsi que les villages des athlètes. Lyon a finalement récupéré les épreuves de glace initialement prévues à Nice.

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