Il faut sauver le soldat ANCV : les acteurs du tourisme dénoncent un prélèvement de 125 millions d’euros

De nombreuses voix s’élèvent contre le projet de prélèvement de 125 millions d’euros dans les caisses de l’ANCV, qui émet les chèques-vacances.

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Linda Lainé

Linda Lainé

4 novembre 20263 min de lecture

Chèques-vacances
Chèques-vacances© Adobe Stock

Les professionnels du tourisme s’alarment du projet de l'État de ponctionner 125 millions d'euros dans la trésorerie de l’Agence nationale pour les chèques-vacances (ANCV).

Dans un communiqué publié mardi, le Groupement des Hôtelleries et Restaurations de France (GHR) demande au gouvernement et aux parlementaires de renoncer à ce prélèvement, prévu par l’article 50 du projet de loi de finances pour 2027. « Cette mesure compromettrait le financement des aides au départ en vacances et pénaliserait l’activité des professionnels du tourisme, dont les hôtels, cafés et restaurants », estime le syndicat.

Tribunes et pétitions

L’Union nationale des associations de tourisme et de plein air (UNAT) a publié une tribune avec Vacances Ouvertes pour demander la suppression de l’article 50 et diffusé une pétition. L’association Vacances et Familles s’était mobilisée avant elle et a recueilli plus de 800 signataires. Christelle Chassagne, présidente d'ADN Tourisme qui regroupe 1200 institutionnels du tourisme en France, s’oppose également au projet.

Le chèque-vacances « constitue souvent le déclencheur du départ et stimule la consommation dans les territoires, 1 euro dépensé en chèque-vacances induisant environ 3 euros de dépenses touristiques », écrivent les auteurs Jean Pinard et Rémy Oudghiri dans l’étude « Vacances : histoire et géographie d’un droit inachevé » via l’Institut Terram. 

1,75 milliards de paiements, 360 millions de TVA

En 2025, 4,8 millions de salariés et travailleurs indépendants ont reçu des chèques-vacances, ce qui correspond à 1,75 milliards d'euros remboursés aux bénéficiaires et réinjectés selon l'ANCV dans l'économie française. « Ce 1,8 milliard de paiements en chèques-vacances génère aussi 360 millions d’euros de TVA, commente Jean Pinard à L’Écho touristique.

Pour lui, ce prélèvement constitue « un braquage », d’autant plus que l’ANCV « ne coûte rien à l'État ». Les commissions (1% sur la vente aux employeurs et aux comités et 2,5% lors du remboursement des professionnels affiliés) permettent à l’agence d’autofinancer son fonctionnement et ses programmes d’action sociale. En 2025, plus de 40 millions d’euros ont été consacrés aux programmes d’action sociale, permettant le départ d’environ 292 000 personnes correspondant à des publics fragiles.

Une agence d’État en danger ?

Certains observateurs, comme Jean Pinard, vont jusqu’à redouter la disparition à terme de l’ANCV. Pour mémoire, le gouvernement de François Bayrou avait annoncé son intention de fusionner ou de supprimer un tiers des agences et opérateurs de l'État d'ici 2027. Objectif : réaliser 2 à 3 milliards d'euros d'économies. L’ANCV, établissement public de l’État, n’était pas citée dans les organismes pressentis., mais elle fait partie de cette catégorie d’oraganismes.

L'Agence bio et l'Institut national de la consommation (INC), qui édite le magazine 60 millions de consommateurs, étaient régulièrement cités pour une suppression, alors que des établissements comme l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) pourraient être concernés par une fusion. La loi de finances 2026 a acté la liquidation de l’INC d'ici à fin mars et la cession de son célèbre mensuel à un acteur privé. L’homme d’affaires Xavier Niel a repris le titre le 1er octobre.

Établissement public créé en 1982, l'ANCV a le monopole de l'émission des chèques-vacances utilisés pour les dépenses de transport, d'hébergement, de repas, de loisirs. C’est devenu une marque, bien connue de l’écosystème (institutionnels, commerces, entreprises, employés) et du grand public.

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