Depuis 2019, les campings gagnent des parts de marché au détriment des hôtels
C’est un bilan estival 2026 très détaillé que publie l’Insee, en précisant la ventilation des nuitées par type d’hébergements. L’analyse des chiffres montre, sur sept ans, une percée des campings.
Malgré de fortes contraintes liées au pouvoir d’achat, les canicules et les incendies, les chiffres du tourisme en France demeurent encourageants, selon l'Insee.
Été 2026 : le début de saison porteur
« La fréquentation des hébergements collectifs de tourisme durant la saison estivale 2026 dépasse celle de la saison 2025, déjà la plus élevée depuis 15 ans », se félicite l’institut. Cette croissance résulte d’un début de saison « favorable ».
Le coeur de la saison, lui, a en partie déçu. Le taux de départ des Français a baissé de l’ordre de 5% en juillet-août (à 59%), a récemment reconnu le ministre du Tourisme Serge Papin. « Mais la saison s’étire maintenant de juin à septembre » grâce à « un décalage sur les ailes de saison », a-t-il relativisé.
La clientèle domestique tire la (petite) croissance
La hausse du nombre de nuitées observée de mai à août, auquel il manque les données stratégiques du mois de septembre, profite à la fois aux hôtels (+1,7%) et aux campings (+1,1%). Cette progression est tirée par la clientèle française, alors que la fréquentation des voyageurs internationaux reste stable.
Autre conclusion à retenir : si la fréquentation des hébergements affiche une hausse sur l’ensemble du littoral et à la montagne, en comparaison avec 2025, elle s'érode dans les grandes villes.
« La hausse de la fréquentation du littoral est portée notamment par les façades du nord et de l’ouest de la France en cet été marqué par les épisodes caniculaires », précise l’Insee. Les vagues de chaleur et les incendies ont pénalisé la façade sud-Atlantique (-2,3% en nuitées).
Depuis 2019, une croissance soutenue
L’Insee a dressé un bilan de l’été tout en rappelant les performances depuis l'avant-Covid (voir le tableau ci-desssous). Selon ses données provisoires, le nombre global de nuitées dans les hébergements collectifs progresse ainsi de 8% en 2026 par rapport à 2019.
Sur cette période de sept ans, les campings sont les hébergements collectifs qui profitent de la meilleure dynamique (+17%). Les hôtels tirent nettement moins leur épingle du jeu (+2,7%). Les résidences de tourisme perdent pour leur part du terrain (-3,6%).
« Depuis 2022, les saisons en quasi stagnation alternent avec les saisons plus haussières. 2026 ne fait pas exception avec 2025 en hausse plus marquée », commente Nicolas Dayot, président de la Fédération nationale de l'hôtellerie de plein air (FNHPA).
Une photographie partielle de l'activité
Pour bénéficier d’une photographie complète, il faudrait ajouter les données des locations saisonnières (Gîtes de France et Airbnb) ainsi que les séjours non payants.
Dans une même année, 30% des Français ont recours à la plateforme Airbnb au moins une fois, selon l'Ifop. En outre, quand ils partent en vacances ou en week-end en France pendant l’été, environ un tiers des Français optent pour un hébergement non-marchand (amis, familles, résidences secondaires). C'est ce qui ressort d'un sondage OpinionWay réalisé en 2024 pour Atout France et ADN Tourisme.