Comment Operask aide les campings à affronter les incendies
C’est la start-up lauréate des Trophées de l’innovation de L’Écho touristique, dans la catégorie Pépite d’incubateur. La jeune pousse répond à un enjeu majeur à l’heure du dérèglement climatique.
Anthony Ciravolo a levé 500 000 euros en 2023 pour développer une solution de cartographie pour les campings, intégrant une gestion de la sécurité.
« Nous avons créé tout un écosystème de prévention, avec un focus sur l’hôtellerie de plein air, explique l’ancien sapeur-pompier, devenu Business Developer et cofondateur d’Operask. Nous venons de vivre notre deuxième saison avec 350 clients, contre 50 clients en 2025. »
L’épreuve du feu au camping Le Brasilia
Operask était en première ligne pour l’un des feux de l’été, celui du camping Le Brasilia de Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales). Trente hectares sont partis en fumée et une centaine de bungalows ont été détruits le 2 juillet. « Jusque-là, nous n’avions jamais affronté de feu d’ampleur », précise Anthony Ciravolo.
Si l’incendie a provoqué de lourds dégâts, 1 700 personnes ont pu rapidement quitter le site en proie aux flammes. Un client a signalé le feu dans l'application Operask, puis 800 textos ont dans la foulée diffusé des consignes d’évacuation. « En 20 minutes, tout le monde avait évacué la zone. »
Hasard du calendrier, quatre semaines plus tôt, le camping avait mené un exercice d’évacuation organisé par la start-up. En dehors de la saison estivale, Operask forme et accompagne ses clients, tout en prospectant.
Des campings au marché de Noël de Strasbourg
S’il a d’abord ciblé les campings, Anthony Ciravolo compte bien séduire d’autres acteurs du tourisme. Un dessein partagé avec son associé Raphaël Di Felice, un ancien policier national qui est désormais CTO.
« Nous sommes opérationnels dans différents univers, comme les parcs d’attractions, les golfs, les marinas et les ports de plaisance. Nous avons également créé une carte interactive pour le marché de Noël de Strasbourg et ses 300 chalets. Le dispositif prévoit un cadre de sécurité. »
« Nous ne voulons pas devenir milliardaires, mais simplement aider le secteur à monter en compétences, et peut-être sauver des vies. »
Reste à finaliser de nouveaux contrats pour atteindre l’équilibre financier, jamais facile à atteindre pour une start-up. Le modèle économique repose sur un abonnement annuel qui ne rapporte que quelques centaines d’euros par site : il lui faut une importante volumétrie pour passer à l’échelle et continuer d’investir dans une solution souveraine de cartographie. Or si le marché montre de l'enthousiasme, les signatures tardent parfois. « La pluie tend à chasser les promesses de l'été », regrette Anthony Ciravolo.
Vers une nouvelle levée de fonds
Afin de se donner les moyens de ses ambitions, Operask espère, dans les prochains mois, boucler une nouvelle levée de fonds. « Pour mettre à jour notre logiciel et financer notre déploiement commercial, nous avons besoin d’au moins 500 000 euros. »
La start-up rêve aussi de s'exporter jusqu’au Japon ou aux États-Unis.
« Nous avons déjà des preuves de concept à Hong Kong et à Shenzhen », se réjouit le cofondateur.