HomeExchange : tout comprendre sur l’arrivée de Verlinvest au capital
La plateforme d'échange de maisons HomeExchange, basée à Paris, modifie la composition de son actionnariat. Pourquoi et dans quel contexte ? Les réponses de son cofondateur Charles-Édouard Girard.
L’Écho touristique : Avec l'arrivée de Verlinvest, avez-vous procédé à une augmentation de capital ?
Charles- Édouard Girard : Non, c'est simplement un changement au capital. ISAI est sorti et Ternel a cédé une partie de ses parts, tandis qu'un nouvel investisseur entre au capital, Verlinvest.
Pourquoi avoir choisi Verlinvest ?
Charles- Édouard Girard : Ce n'est pas un fonds classique au sens traditionnel du terme. Verlinvest est un super investisseur, familial, qui a la volonté d'accompagner les entreprises dans la durée et qui croit beaucoup à la communauté. C'était très important pour nous.
Nous avons reçu plusieurs propositions, mais nous avons souhaité un partenaire qui ne soit pas là uniquement pour rechercher la croissance, et qui ait au contraire la volonté nous accompagner à long terme : 5, 10 ou 15 ans.
Verlinvest a déjà accompagné de très belles marques dans le monde entier, principalement en B2C, en général plus de cinq ans.
Quelle participation détient-il ?
Charles- Édouard Girard : Nous ne communiquons pas précisément sur les pourcentages. Verlinvest est toutefois un « gros minoritaire ». Emmanuel Arnaud (l’autre cofondateur, NDLR) et moi, nous détenons ensemble un tout petit peu plus que le fonds.
Les fondateurs sont donc les actionnaires de référence, avec Verlinvest ?
Charles- Édouard Girard : Exactement. Les fondateurs de HomeExchange et Verlinvest sont désormais les actionnaires de référence.
Nous avons réalisé ce qu'on appelle un LBO*, c'est-à-dire une opération avec une part de dette, à hauteur d’environ une centaine de millions d'euros de dette. Verlinvest a de son côté investi plusieurs centaines de millions d’euros pour prendre des parts.
« L'objectif de cette opération était aussi, pour nous les fondateurs, de récupérer davantage de pouvoir, car nous croyons énormément à l'échange de maisons. »
Ternel est-il l'ancien MAIF Avenir ?
Charles- Édouard Girard : Oui. MAIF Avenir est devenu Ternel, lequel détient désormais moins de 10%, soit nettement moins qu'avant.
Quel était l'objectif de cette opération ?
Charles- Édouard Girard : C'était un cycle normal. Il s'agissait de donner la possibilité à nos anciens fonds de sortir, puisque ISAI était présent depuis 2021, tandis que Ternel était là depuis une dizaine d'années.
L'objectif de cette opération était aussi, pour nous les fondateurs, de récupérer davantage de pouvoir, car nous croyons énormément à l'échange de maisons. Nous avons quasiment tout réinvesti dans l'entreprise. Nous avions déjà du pouvoir, mais nous détenions moins de parts. Nous avons pu rééquilibrer.
C’est donc un changement d'actionnariat. Vous n'avez pas obtenu davantage de moyens pour vous développer ?
Charles- Édouard Girard : Non, mais nous n'en avions pas besoin. Nous sommes dans une phase où la rentabilité est importante. Cette opération va nous permettre d'investir davantage.
Dans une opération de LBO*, comme il y a de la dette, il faut montrer sa capacité à générer du résultat, de l’Ebitda. Nous avons prouvé cette aptitude. Nous n'avons donc pas besoin de continuer à augmenter notre résultat à tout prix : nous pouvons le stabiliser et réinvestir dans les marchés sur lesquels nous souhaitons continuer à avancer, notamment les États-Unis.
Aux États-Unis, vous grandissez moins vite que sur les autres marchés. Pourquoi ? Est-ce dû à la concurrence croissante ?
Charles- Édouard Girard : Nous avons investi aux États-Unis, mais peut-être pas assez. Notre croissance sur ce marché atteint environ 15%, contre 30% sur la France.
Nous avons un peu trop considéré les États-Unis comme un ensemble, sans suffisamment tenir compte du fait qu'il s'agit d'une multitude d'États.
Nous grandissons bien en Californie, dans l’État de New York ou en Floride. Mais il y a de nombreux États dans lesquels nous ne progressons pas, parce que les habitants ne nous connaissent pas encore. Verlinvest va justement nous aider dans notre développement, notamment en Amérique du Nord et en Europe de l'Ouest.
*Un LBO (Leverage Buy-Out) est une opération de rachat d'entreprise financée majoritairement par de la dette.