« Ce que nous avons fait en France en 40 ans, nous allons le faire à l’échelle du continent », a déclaré Grégory Mavoian, président de Manor, devant quelque 230 participants réunis lors de la convention annuelle du réseau.
Renforcer le poids des agences indépendantes
Pour convaincre de nouvelles agences de rejoindre le réseau, Manor veut s’appuyer sur son modèle économique, fondé sur la redistribution intégrale des incentives à ses membres. « C’est un passeport que personne d’autre ne possède. Une promesse simple, qui se comprend dans toutes les langues », assure Grégory Mavoian. Ce qui risque de froisser les réseaux concurrents.
Cette stratégie de Manor répond à la concentration des producteurs et à la montée en puissance des grands groupes. Pour le président, les distributeurs indépendants doivent eux aussi se regrouper afin de préserver leur capacité de négociation et leur compétitivité. « Une distribution plus forte, ce sont des volumes plus importants et davantage de valeur pour chaque agence et pour le réseau », explique-t-il.
Une expansion avec des modalités qui restent à préciser
Le réseau veut également proposer aux producteurs un interlocuteur capable de négocier sur plusieurs marchés européens, tout en leur offrant un relais dans les pays où leur présence reste limitée. « Demain, un producteur pourra signer avec Manor sur plusieurs pays à la fois. Un interlocuteur, une règle du jeu, un réseau », précise Grégory Mavoain.
« Nous allons partir à la conquête de l’Europe. Pas pour planter un drapeau, mais pour grandir », résume le dirigeant. Les modalités de cette expansion restent toutefois à préciser. Grégory Mavoian n’a détaillé toutefois ni les pays ciblés, ni le calendrier de déploiement, ni les objectifs d’adhésion. L'appel de Venise reste donc à préciser.
« 2027, l’année de la plus forte hausse de l’histoire du transport aérien européen »
Cette ambition européenne s’inscrit dans un environnement économique et géopolitique incertain. Les tensions internationales, les perturbations du transport aérien et la hausse des coûts pèsent sur les perspectives du secteur. « 2027 sera probablement l’année de la plus forte hausse de l’histoire du transport aérien européen », estime Grégory Mavoian, précisant que « les tarifs au départ de France ont déjà progressé de 10% en un an ».
Selon lui, mais aussi d'autres professionnels du secteur, ces évolutions pourraient avoir des conséquences sur la demande, mais aussi sur la solvabilité de certaines compagnies aériennes et la rentabilité de certaines lignes. À cette pression s’ajoute la hausse de la fiscalité sur le transport aérien, notamment celle de la taxe de solidarité sur les billets d’avion en France.
« L’IA ne tuera pas les agences »
Au-delà de la conjoncture, le réseau doit aussi anticiper les transformations structurelles du secteur, de l’intelligence artificielle à la cybersécurité, en passant par la facturation électronique.
Sur l’IA, Grégory Mavoian réfute l’idée selon laquelle l’automatisation rendrait les agences inutiles. « L’IA ne tuera pas les agences, j’en suis certain. Elle tuera des tâches à faible valeur ajoutée et elle élèvera le niveau de chacun ».
Le président de Manor rappelle aussi que la disparition des agences a été annoncée à plusieurs reprises au fil des évolutions technologiques, sans jamais se concrétiser. « 40 ans de faire-part de décès, mais la distribution ne meurt pas. Elle change de forme. Elle s’adapte, comme elle l’a toujours fait ».
Cette transformation impose néanmoins au réseau et à ses membres de s’adapter. « Les 40 prochaines années ne se gagneront pas avec les seules recettes des 40 dernières », a-t-il prévenu.
« Nous avons un modèle qui a traversé toutes les crises, nous avons 450 agences qui en sont la preuve vivante. Et nous avons ce que tant d’autres nous envient, la confiance et l’unité », a conclu Grégory Mavoian. Une cohésion qui doit contribuer à renforcer le poids de Manor dans les négociations et soutenir son développement au-delà des frontières françaises.