Intrepid Travel (ex-Altaï et Atalante) va s’ouvrir aux agences de voyages

Altaï est mort, vive Intrepid Travel. Le spécialiste du tourisme d’aventure change de nom et prépare son ouverture aux agences de voyages. Yann Wulser, PDG d’Altaï Group et désormais directeur d’Intrepid France), dévoile ses ambitions à L’Écho touristique.

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Linda Lainé

Linda Lainé

5 novembre 20266 min de lecture

Yann Wulser, directeur d’Intrepid France
Yann Wulser, directeur d’Intrepid France© Linda Lainé

L’Écho touristique : Quelques mois après le rachat d’Altaï par Intrepid, vous annoncez un changement de marque. En résumé, Altaï est mort, vive Intrepid ?

Yann Wulser : Exactement. Mercredi (4 novembre, NDLR), les sites d'Atalante et d'Altaï Travel ont disparu. Les deux marques ont fusionné sous la bannière Intrepid, qui devient ainsi une nouvelle marque de distribution sur le marché français. Ce changement représente une étape importante : c'est la première fois qu’Intrepid s'installe sur un marché non anglophone, avec une production pensée pour les voyageurs français.

S'agit-il uniquement d'un changement de marque ?

Yann Wulser : Pas seulement. Nous conservons toute la production qui existait chez Atalante et Altaï Travel, ainsi que les équipes et le savoir-faire. Les voyages deviennent des voyages Intrepid, mais on garde nos fondamentaux : le trekking, la montagne, l'aventure et les petits groupes.

En parallèle, nous ajoutons une trentaine de voyages issus de la production internationale d'Intrepid, identifiés sous le nom de gamme Essentielle. Ce sont des voyages en petits groupes, davantage tournés vers la rencontre, l'expérience locale et la découverte d'un pays que vers la pratique sportive.

C’est de l’aventure douce ?

Yann Wulser : Oui. Nous sommes sur une forme d'exploration accessible, dans l'esprit de ce que proposait Nouvelles Frontières autrefois.

Les voyages historiques d'Atalante et d'Altaï Travel restent des voyages d'aventure, souvent plus techniques et plus sportifs.

Nous pensons qu'il existe un espace entre les opérateurs traditionnels de l'aventure et des marques plus accessibles, qui proposent des voyages en petits groupes avec une dimension d'exploration, mais sans approche trop sportive. On pourrait presque parler d'un équivalent de WeRoad pour une clientèle un peu plus âgée, qui ne cherche pas forcément à faire la fête, mais qui veut voyager en groupe, rencontrer des gens et vivre une expérience locale.

« Intrepid reste un tour-opérateur en France. »

Le groupe Intrepid vend en général des prestations terrestres, sans le transport aérien. Intrepid France fera de même ?

Yann Wulser : Non. Intrepid reste un tour-opérateur en France, contrairement aux autres marchés. Nous fabriquons nos voyages pour les voyageurs français, avec nos chefs de production. C’est un changement de marque.

Toutefois, pour la gamme Essentielle, les voyages sont vendus sans vol. Cela permet aux clients de choisir leur vol en fonction de leurs préférences - les horaires, les escales ou le nombre de jours sur place - mais aussi de proposer un prix d'appel très intéressant.

Autre nouveauté, nous avons segmenté l’offre FIT (voyages individuels, NDLR), avec des voyages en liberté non modifiables à prix fixes d’une part, et des voyages sur mesure d’autre part.

Comment se répartit votre activité, entre le voyage en groupe et en individuel/FIT ?

Yann Wulser : Les trois piliers structurent l'ensemble de l'offre Intrepid. Les voyages en groupe, dont la nouvelle gamme Essentielle, représentent les deux niveaux de notre chiffre d'affaires et de notre production. Le deuxième pilier est le FIT, que nous avons donc séparé entre les voyages en liberté et le véritable sur-mesure. Le troisième concerne l'activité réceptive, avec les DMC (réceptifs, NDLR) du réseau Intrepid.

« Aucun départ lié à la fusion n’est à signaler, et aucune restructuration n’est prévue. »

Justement, comment la fusion change-t-elle l'activité réceptive ? Avez-vous restructuré l’activité et supprimé des emplois ?

Yann Wulser : Intrepid dispose désormais d'un réseau de 42 DMC dans autant de pays. Dans les 14 pays où il y avait à la fois une agence Altaï et une agence Intrepid, les équipes et les bureaux ont fusionné. Cela donne naissance à des agences réceptives Intrepid capables de proposer à la fois des voyages d'aventure, du FIT et des offres adaptées aux marchés francophones. Aucun départ lié à la fusion n’est à signaler, et aucune restructuration n’est prévue.

Vous développez une nouvelle activité d’agence réceptive en France, pour faire découvrir la France aux voyageurs internationaux ?

Yann Wulser : Oui. Le groupe envisageait depuis longtemps d'ouvrir un bureau en France. Avec le rachat d'Altaï, il a immédiatement récupéré cette compétence.

Une partie de l'équipe d'Intrepid France, devant l'agence de Paris. Une autre agence est installée à Lyon.
© Linda Lainé

Nous avons donc transformé le DMC Altaï en DMC Intrepid. À partir de l'année prochaine, il pourra accueillir davantage de clients internationaux - britanniques, américains, néo-zélandais ou australiens - qui souhaitent voyager en France.

Jusqu'à présent, Intrepid opérait la France depuis son DMC en Espagne. Désormais, les voyageurs seront pris en charge depuis la France.

Nous étions historiquement très présents dans les Alpes et la randonnée. Avec Intrepid, nous allons pouvoir élargir notre offre à Paris, aux châteaux de la Loire et à d'autres territoires, toujours avec une approche en petits groupes, responsable et active.

« Nous avons récemment recruté Arnaud Devanay (...), en tant que directeur du développement B2B et des partenariats. »

Vous travaillez déjà avec la plateforme Evaneos. Allez-vous ouvrir votre production aux agences traditionnelles ?

Yann Wulser : Oui. Nous avons récemment recruté Arnaud Devanay pour cette raison, en tant que directeur du développement B2B et des partenariats*. Il vient de chez Evaneos et va s’occuper de cette activité, surtout à partir de 2027. Cela passera par des accords de référencement et notre connexion à la plateforme Orchestra.

Quel est votre objectif global de chiffre d’affaires et de résultat net pour Intrepid France cette année ?

Yann Wulser : Les chiffres sont encore difficiles à comparer, puisque le périmètre a changé avec la fusion. Comme beaucoup d'acteurs du voyage, nous avons connu une année difficile. En 2026, les activités Atalante et Altaï Travel représentent environ 25 millions d'euros de chiffre d'affaires. Notre objectif est de renouer en 2027 avec le niveau de 2025, qui se situait autour de 30 millions d'euros, soit une croissance d’environ 20%. Nous ne communiquons pas notre résultat net.

Malgré la présidentielle et le contexte actuel, vous restez confiants ?

Yann Wulser : Oui. Intrepid a la volonté de devenir une marque puissante en France, comme elle l'est déjà dans d'autres pays.

Les voyageurs d’aventure ont aussi gagné en autonomie et ne passent plus nécessairement par des acteurs comme vous… Qu’en pensez-vous ?

Yann Wulser : Des marques historiques de l'aventure - Terres d’Aventure, Allibert, nous-mêmes - existent depuis quarante ans. Leurs clients ont vieilli avec elles, tandis que les jeunes générations ont parfois du mal à s'y identifier. Beaucoup d'acteurs adoucissent aujourd'hui leur image. De notre côté, nous faisons le choix d'apporter cette évolution à travers Intrepid et la gamme Essentielle. Notre gamme des voyages en liberté leur permet aussi de partir seuls, à deux ou entre amis, avec un itinéraire et des hébergements déjà organisés, à un prix clair et accessible.

*L’objectif est de s’ouvrir aux agences de voyages/tour-opérateurs, aux CSE et à des plateformes.

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