Maldives : vers la suppression de la taxe touristique de 17% pour les voyagistes étrangers

Quelques semaines après son entrée en vigueur, la taxe de 17% sur les marges réalisées par les voyagistes étrangers sur la vente de prestations touristiques aux Maldives pourrait être supprimée. Un projet de loi a été déposé en ce sens.

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David Savary

David Savary

23 octobre 20263 min de lecture

Vue Maldives ©David Savary
Les Maldives veulent revenir sur une taxe de 17% contestée par les professionnels du voyage.© David Savary

Présenté par le député Ibrahim Didi, le texte a été déposé au Parlement maldivien le 19 octobre, après l’entrée en vigueur de la mesure le 1er octobre. Un report au 1er avril 2027 avait été évoqué, mais cette annonce politique n’avait pas été suivie d’une modification législative.

Près de 100 millions d’euros de recettes fiscales pour l’Etat maldivien

Ratifiée par le président Mohamed Muizzu le 31 août, la réforme imposait aux agences de voyages, voyagistes et plateformes de réservation étrangers sans établissement permanent aux Maldives de s’enregistrer auprès de l’administration fiscale locale et de s’acquitter d’une taxe de 17% sur les marges réalisées grâce à la commercialisation de prestations touristiques, notamment les hébergements et les excursions.

Selon Sun Online, l’un des principaux médias d’information des Maldives, le gouvernement estimait que cette mesure générerait 1,6 milliard de rufiyaa maldiviennes, soit environ 92 millions d’euros, de recettes fiscales supplémentaires par an.

Le texte doit encore être adopté par le Parlement

La suppression envisagée a été saluée par plusieurs organisations professionnelles, notamment la fédération allemande du voyage (DRV) et l’association britannique ABTA. Toutes deux appellent désormais à une clarification rapide du cadre juridique.

« Nous saluons la volonté du gouvernement des Maldives de revenir sur cette mesure fiscale et de répondre aux préoccupations que nous avons rapidement exprimées au nom de l’industrie du voyage », déclare Albin Loidl, président de la DRV, dans un communiqué.

De son côté, ABTA précise avoir travaillé avec plusieurs partenaires internationaux, dont la World Travel Agents Associations Alliance et l’ECTAA, afin de faire remonter les inquiétudes du secteur auprès des autorités maldiviennes. L’association indique poursuivre ses échanges avec le gouvernement pour obtenir des précisions sur les éventuelles obligations qui pourraient subsister. En France, le Syndicat des entreprises du tour-operating et les Entreprises du Voyage avaient également réagi en adressant un courrier aux autorités maldiviennes pour leur faire part de leur désaccord.

Le projet de loi prévoit le remboursement des taxes déjà perçues auprès des opérateurs concernés depuis le 1er octobre. La suppression de la TGST (Tourism Goods and Services Tax) de 17% reste toujours conditionnée à l’aboutissement de la procédure législative. Le texte, actuellement en discussion, doit encore être adopté par le Parlement, ratifié par le président et publié au Journal officiel des Maldives. Dans l’intervalle, le cadre juridique actuel demeure applicable, font savoir les médias locaux.

Les professionnels locaux avaient également alerté sur les risques

La contestation de la taxe ne s’est pas limitée aux organisations européennes. Aux Maldives, la Maldives Association of Travel Agents and Tour Operators (MATATO) avait notamment dénoncé une mesure qui, selon elle, ne tenait pas suffisamment compte de la complexité des circuits de distribution touristique internationaux.

Les réservations peuvent en effet passer par plusieurs intermédiaires, des agences de voyages aux tour-opérateurs, en passant par les consolidateurs et les plateformes de réservation. La MATATO estimait que cette organisation rendait l’application de la nouvelle fiscalité particulièrement complexe et risquait d’accroître les difficultés opérationnelles des agences locales.

Plus de deux millions de visiteurs l’an dernier

L’association avait également alerté sur le risque d’un recul de la promotion des Maldives par les professionnels étrangers, au profit de destinations concurrentes. Les petites et moyennes agences maldiviennes pourraient elles aussi pâtir de cette évolution, en raison de leur forte dépendance à l’égard de leurs partenaires internationaux.

Les Maldives ont accueilli 2,2 millions de touristes en 2025, un record historique, en hausse de 9,8% par rapport à 2024. Avec un peu plus de 58 000 visiteurs (+6,3 % sur un an), la France s’est classée au huitième rang des marchés émetteurs de l’archipel.

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