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El Niño : quelles sont les destinations les plus impactées ?

Phénomène naturel redouté, El Niño perturbe le climat de la planète entière. Mais certaines destinations touristiques sont plus vulnérables que d'autres. Tour du monde des dix régions qui risquent de payer le plus lourd tribut au prochain épisode, annoncé comme potentiellement historique.

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Florian De Paola

Florian De Paola

25 septembre 20268 min de lecture

illustration el nino destinations
El Niño a des effets dévastateurs sur de nombreux pays, et donc sur leur économie touristique (photo d'illustration).© Illustration générée par IA

Mais d’abord, El Niño, qu’est-ce que c’est ? Ce phénomène climatique survient tous les trois à cinq ans lorsque les eaux de surface de l'océan Pacifique se réchauffent anormalement. Cette perturbation redistribue la chaleur et l'humidité à l'échelle planétaire, provoquant sécheresses, inondations, incendies et canicules selon les régions. En 2026, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), l’agence américaine en charge de la surveillance des océans et de l’atmosphère, estime à 90% la probabilité que l'épisode en cours devienne « très fort », avec 69% de chances qu'il batte tous les records depuis 1950.

L'industrie du tourisme en première ligne

Le phénomène a d'ores et déjà commencé : officiellement déclenché en juin 2026 selon Météo-France et la NOAA, El Niño se renforce de semaine en semaine et ses premiers effets sont déjà visibles. De violentes tempêtes ont ainsi frappé le Chili et le Brésil en juillet, et Rio de Janeiro enregistre en ce mois de septembre les précipitations les plus importantes jamais mesurées dans la ville. Le pic du phénomène est attendu entre novembre 2026 et janvier 2027.

Et si tout l’équilibre climatique de la planète est chamboulé par El Niño, certaines régions du monde en paient un prix particulièrement lourd. Parmi elles, des destinations prisées par des millions de voyageurs chaque année. Sécheresses qui asphyxient les paysages, inondations qui coupent les routes, incendies qui ravagent les forêts, blanchissement qui dévaste les récifs : partout, l'industrie touristique est en première ligne. Voici les dix destinations que le prochain El Niño menace le plus directement.

1. La Grande Barrière de Corail (Australie)

Depuis 2016, la Grande Barrière de Corail a subi six épisodes massifs de blanchissement, dont deux consécutifs en 2024 et 2025. El Niño réchauffe les eaux australiennes au-delà du seuil de tolérance des coraux, qui expulsent leurs algues symbiotiques et blanchissent, parfois jusqu'à mourir. En 2024, 73% des récifs surveillés ont été touchés (Australian Institude of Marine Science). L'attractivité de ce joyau, qui génère 6,4 milliards de dollars australiens par an, s'érode un peu plus à chaque épisode.

Grande Barrière de Corail Australie
© GeoNadir/Unsplash

2. Le Pérou (Machu Picchu & Côte Nord)

Le Pérou est l'une des premières victimes historiques d'El Niño. Le phénomène provoque sur la côte péruvienne des pluies torrentielles, des inondations et des glissements de terrain qui coupent régulièrement l'accès à Machu Picchu. En août 2026, le Chemin Inca a été fermé après des crues soudaines. En 1983, El Niño avait fait chuter le PIB national de 10% (National Institutes of Health). Le pays a déclaré l'état d'urgence sur 40% de son territoire en juillet 2026. Une vigilance accrue est ainsi conseillée, pour les prochains mois, pour tout voyage au Pérou.

Pérou
© Willian Justen de Vasconcellos/Unsplash

3. L'Asie du Sud-Est (Indonésie, Thaïlande, Philippines)

El Niño assèche l'Asie du Sud-Est, favorisant des incendies de forêt dévastateurs. En 2026, 800 000 hectares ont brûlé en Indonésie entre janvier et août. Les fumées toxiques ont envahi Singapour, la Malaisie et les Philippines, déclenchant des alertes sanitaires (National Institutes of Health). Pour les touristes, c'est un double repoussoir : un air irrespirable et des paysages calcinés. Bali, Phuket et Boracay, qui accueillent des millions de visiteurs chaque année, sont directement impactés.

Bali Indonésie
© Katarzyna Zygnerska/Unsplash

4. Les Chutes Victoria (Zimbabwe & Zambie)

Le phénomène prive aussi l'Afrique australe de pluie. Résultat : le Zambèze, fleuve nourricier des Chutes Victoria, voit son débit s'effondrer. En 2019, les chutes s'étaient réduites à un filet d'eau, images choc relayées dans le monde entier et synonymes de chute brutale des réservations. L'épisode 2023-2024 a provoqué la pire sécheresse jamais enregistrée dans la région. Une nouvelle alerte est lancée pour 2026-2027, menaçant directement l'économie touristique du Zimbabwe et de la Zambie (bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU).

Chutes Victoria
© Sammy Wong/Unsplash

5. Les Galápagos & l'Équateur

El Niño réchauffe les eaux entourant les Galápagos et détruit les courants froids riches en nutriments dont dépendent toutes les espèces emblématiques de l'archipel : iguanes marins, lions de mer, manchots, fous de Bassan... Lors de l'épisode 1997-1998, les populations de manchots avaient chuté de 77%, celles des lions de mer de 50% (Charles Darwin Foundation). Or, l’énorme majorité des 300 000 visiteurs annuels de l’archipel viennent exclusivement pour observer cette faune unique au monde. Et, à chaque épisode similaire, les opérateurs locaux, notamment de croisières écotouristiques, voient les réservations s’effondrer.

Galapagos
© Dylan Shaw/Unsplash

6. L'Amazonie & le Pantanal (Brésil, Bolivie, Pérou)

El Niño perturbe la mousson amazonienne et prolonge la saison sèche, transformant la forêt en brasier. Une corrélation statistique forte a été établie par les travaux de Monitoring of the Andes Amazon Program : plus El Niño est intense, plus la saison d'incendies suivante est dévastatrice. En 2024, 2,79 millions d'hectares de forêt primaire ont brûlé : un record absolu. Pour l'épisode 2026-2027, classé "très fort", les projections sont alarmantes avec, une nouvelle fois, la faune sauvage la première concernée (jaguar, jabiru, caïman…). Lodges fluviaux, croisières en Amazonie et safaris au Pantanal sont directement impactés.

Pantanal jaguar
© Sam Power/Unsplash

7. Le Sri Lanka

El Niño frappe le Sri Lanka par la sécheresse. En août 2026, les autorités ont organisé des livraisons d'eau d'urgence pour 72 000 personnes dans sept districts. Les parcs nationaux emblématiques, comme Yala, la capitale du léopard, risquent des fermetures temporaires faute d'eau. Les vagues de chaleur rendent les circuits culturels (Sigiriya, Anuradhapura) pénibles, voire dangereux. Le pays, qui reçoit 2,5 millions de touristes par an, craint une saison touristique sévèrement perturbée, avec d’éventuelles pénuries d’eau (Mongabay).

Sri Lanka
© Tomáš Malík/Unsplash

8. L'Afrique de l'Est (Kenya & Tanzanie)

Paradoxe d'El Niño : en Afrique de l'Est, le phénomène ne provoque pas la sécheresse mais des pluies excessives entre octobre et décembre. En 2023-2024, ces pluies ont détruit 63 ponts et plus de 800 km de routes en Tanzanie (NOAA). Les pistes de brousse du Masaï Mara et du Serengeti deviennent impraticables, les airstrips ferment, les transferts en avion-taxi s'annulent. Les lodges haut de gamme, incapables d'accueillir leurs clients, subissent des pertes sèches considérables.

Tanzanie
© Ashim D’Silva/Unsplash

9. Hawaï & les Îles du Pacifique

Hawaï entre dans l'épisode 2026 déjà fragilisée : 2025 a été la deuxième année la plus sèche de son histoire, et la plus sèche jamais enregistrée pour Maui (United States Geological Survey). El Niño accentue cette sécheresse et élève le risque d'incendies lors de la saison suivante. Dans les atolls du Pacifique (Micronésie, Marshall), la sécheresse peut détruire la mince lentille d'eau douce souterraine dont dépendent les populations et les infrastructures touristiques.

Hawaï
© Steve Wrzeszczynski/Unsplash

10. L'Inde (Rajasthan, Kerala & Goa)

El Niño affaiblit la mousson indienne, privant de pluie des régions entières et provoquant des vagues de chaleur extrêmes. En 2026, l'Inde a identifié 300 districts particulièrement vulnérables à la sécheresse (Mongabay). Pour le tourisme, les conséquences sont multiples : des températures dépassant 47°C au Rajasthan rendent les visites de Jaipur ou Jodhpur périlleuses, tandis que les backwaters du Kerala et les plages de Goa souffrent d'un manque d'eau chronique qui dégrade les paysages et les conditions d'hébergement.

Inde Jaipur
© Aditya Siva/Unsplash

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