L’Office du tourisme de Paris, baptisé Paris je t’aime, s’apprête à fermer son dernier point d’accueil touristique, Spot24, situé au pied de la tour Eiffel. Le post LinkedIn qui l'annonce a suscité de très nombreuses réactions sur ce même réseau social, sur mon propre compte. Extraits choisis.
Paul Roll, ex-DG de l’Office de tourisme de Paris :
"Curieuse stratégie"
"Curieuse stratégie... Paris, 19,6 milliards d'euros de recettes touristiques en 2022 pour 4,5 millions d’euros de subvention annuelle à l'Office du tourisme. Toute ville soucieuse de son tourisme a -au moins- une "Maison du tourisme" à vocations multiples : point d'information touristique (synonyme aussi de point de vente), point de rencontre des opérateurs touristiques, laboratoire, lieu de rencontres et expériences, vitrine de la ville pour ses visiteurs... Si c'est le contexte budgétaire qui impose une telle stratégie, c'est d'autant plus curieux au moment où la Ville n'a jamais perçu autant de recettes au titre de la taxe de séjour. Le point de départ ne devrait il pas être la fin du "triplon" entre le site de l'Office noyé par celui de la Région et celui de la Ville (que faire à Paris), et oeuvrer à la complémentarité entre les trois entités ? Intéressant de faire partager la réflexion derrière cette stratégie.
Claire Dallongeville, forfaitiste groupes chez Top of Travel :
"Quelle tristesse"
"Quelle tristesse pour une ville aussi touristique que Paris 😔😔. Tout ne se fait pas par le numérique. Et les personnes âgées, on en parle ? Et le contact humain dans tout cela ? Encore une fois, les tableaux Excel ont pris le dessus."
Karine Savage, guide et directrice de Tours et détours d'Édimbourg :
Florian De Paola, Linda Lainé et Corinne Menegaux, au sein de Spot24, le dernier point d'accueil touristique de l'office du tourisme de Paris, juste avec les Jeux olympiques © Alexandre Nestora pour L'Echo
"La même tendance en Ecosse"
"La même tendance (s'observe) en Ecosse, où tous les offices de tourisme VisitScotland du pays ferment. Il n'y aura plus aucun OT en Ecosse d'ici à 2026. Celui de la capitale écossaise Édimbourg ferme dans deux semaines. Un coup dur, notamment pour les prestataires locaux comme moi qui bénéficiaient de cette plateforme de visibilité et de réservations. Rien n'a été fait pour aider les entreprises à compenser cette perte."
Jean-Michel Puydebat, PDG PV2D :
"Le numérique n'est pas tout"
"On ne peut soutenir un tel retrait pour la capitale touristique mondiale quand Montréal ou Copenhague rénovent leur point d accueil avec scénographie et multimédia. De la mesure, le numérique n'est pas tout !"
Sofia Toulali, Manager For Inclusion :
"Espérons qu'il en restera dans (certains) points d'accueil touristique"
"Jean-Michel Puydebat, en phase avec vous. Voir aussi les exemples de Séville, Rabat, Madrid... Plus le maillage touristique professionnel est dense et la 'marque' de la destination forte, plus le visiteur appréhende le 'baroudage avec IA en poche' et espère rencontrer un 'vrai' humain... s'il en reste. Espérons qu'il en restera dans les points d'accueil touristiques."
Jean-Philippe Daulaud, consultant :
"Un mauvais calcul"
"S'il y a bien un secteur où le business doit garder une part d'humanité et de chaleur humaine, c'est bien le tourisme (je parle bien de business). Supprimer les derniers vrais conseillers dans la ville la plus visitée au monde... c'est un mauvais calcul. On ne voyage pas uniquement pour les monuments. On voyage pour un contact, un regard, des conseils avisés, un sourire, bref un accueil ! Même si l'accueil est parisien ! Une mairie comme celle de Paris tombe dans cette aberration et du soi-disant "progrès" du 100% digital. Belle signature pour Paris."
Danielle Fantin, ex-directrice de l'OT de Corrençon en Vercors :
"Vive l'innovation"
"Vive l' innovation ! Paris se doit de donner l'exemple d' une nouvelle organisation hors les murs en multipliant les points d'accueil dans cette immense destination. Toutefois, rien ne remplace la compétence d' une conseillère en séjour qui fait la différence au téléphone ou de visu au cœur d'une destination qui considère chaque visiteur comme un capital précieux et sa fidélisation comme un enjeu prioritaire."