« On vise les clients les plus exigeants », concède Jérémie Zeguerman, directeur marketing et expérience client de la SNCF, à bord du Paris-Lyon de 12h52, ce lundi 12 décembre. Quelques jours auparavant, le 8 janvier 2026, SNCF Voyageurs lançait sa nouvelle classe affaires, Optimum. Et, uniquement sur le Paris-Lyon – la ligne la plus fréquentée par la clientèle affaires, à hauteur de 40%, Optimum Plus, une offre au prix fixe de 180 euros le trajet (108 euros pour les porteurs de la carte Liberté), comprenant un service haut de gamme et une offre de restauration à la place.
Les avantages d’Optimum Plus commencent d’ailleurs dès la gare, où le voyageur a accès aux salons Grand Voyageur. Presse, boissons chaudes, wifi haut débit et, surtout un espace clos dans lequel il peut travailler à son aise. A la Gare de Lyon de Paris, les 800 mètres carrés du salon s’apprêtent toutefois à fermer quelques semaines, pour des travaux de rénovation qui débuteront dès février 2026. Pendant les deux mois de fermeture, la SNCF proposera aux clients un espace de coworking situé dans la tour de l’Horloge, à deux pas de la gare.
La classe Optimum Plus propose une offre de restauration à la place. © Linda Lainé
Repas à la place et espace étanche
Une fois monté à bord du train – et après avoir été accueilli, à l’entrée de la voiture, par un hôte dédié,
© Linda Lainé
le client trouve la classe Optimum Plus en voiture haute – un « espace étanche », dans lequel la clientèle affaires est assurée de ne pas être dérangée par les passages. Si l’espace et les sièges demeurent les mêmes qu’en première, les voyageurs bénéficient d’un personnel attitré, aux petits soins : serviettes humides à l’accueil, boissons chaudes « à discrétion » et surtout une offre de restauration à la place.
Pour le déjeuner et le dîner, soit entre 10h50 et 13h45, puis à partir de 18h45, le client a le loisir de choisir entre trois plats principaux – une option à base de viande, une à base de poisson, une végétarienne.
Les plats servis sont froids – « une question de cohérence », explique Benjamin Huteau, directeur de l’axe TGV sud-est. « Sur un trajet de deux heures, le chaud n’est pas adapté (…). Il faut servir vite et débarrasser vite ».
Ceux qui voyagent en dehors des horaires de repas ne sont toutefois pas en reste : un petit-déjeuner est servi jusqu’à 8h45, et une collation durant la matinée et l’après-midi. L’offre peut s’apparenter à celle servie dans les avions – non sans raison, puisque la SNCF travaille avec Newrest, qui fournit leurs wagons-bars, mais également plusieurs compagnies aériennes. Le prestataire travaille avec des produits français. Encore un gage de qualité pour la compagnie, qui sert d’ailleurs ses repas dans de la vaisselle en porcelaine.
Le menu est accessible via un QR Code, sur l'emballage de la serviette humide distribuée à l'arrivée dans le train.
"La concurrence, c'est celle des autres compagnies"
Un panel de boissons chaudes et froides est également proposé aux voyageurs : sodas, vin (Petit-Chablis ou Crozes-Hermitage), bière, mocktails… Puis un café, ou un thé. Un repas qui revient à 20 euros – soit la différence de prix entre Optimum Plus et la Flex première. « C’est avantageux pour les entreprises, car ça évite une note de frais », avance Jérémie Zeguerman. Le traitement d'une note de frais coûterait 15 euros, estime la SNCF.
Sur chaque voyage, 39 voyageurs peuvent bénéficier de cette nouvelle offre – soit environ 1 400 voyageur
Les clients de la classe Optimum sont placés dans l'une des cinq salles dédiées aux offres Première, mais dans un "espace étanche". © Linda Lainé
s par jour, sur les 19 allers-retours opérés par la SNCF en TGV InOui entre Lyon-Perrache et Paris. Les passagers n'ont donc pas accès à l'offre Optimum sur cette ligne. Seule l'offre enrichie Optimum Plus leur est proposée.
Ce n’est d’ailleurs pas par hasard si la SNCF lance son nouvelle offre packagée sur l’axe Paris-Lyon. Outre le plébiscite de la clientèle affaires pour ce tronçon, c’est aussi celui sur lequel opère, désormais sur 14 allers-retours par jour, son féroce concurrent italien. Et dans sa classe Executive, Trenitalia propose également une offre de restauration - chaude, toutefois. La SNCF l’avoue à demi-mot : « la concurrence, c’est celle des autres compagnies, mais c’est aussi celle de l’avion. C’est sûr qu’elle nous pousse à nous questionner et à innover », reconnaît Benjamin Huteau.
A bord, le voyageur bénéficie également d’un portail dédié, avec une offre de divertissements pléthorique. Et la connexion wifi ? « Nous avons conscience que ce n’est pas un complément garanti », concède Jérémie Zeguerman. La SNCF étudie la possibilité d’une connexion en satellite. Deux pilotes devraient être lancés sur des liaisons Atlantique.
Arrivé à la gare de Lyon-Perrache, le voyageur bénéficie à nouveau de l’accès au très récent salon Grand Voyageur, rénové en juin 2024. Ses 280 mètres carrés permettent d’accueillir 54 personnes. Trois cabines insonorisées sont également mises à disposition des voyageurs. « Un grand succès », se réjouit le personnel lyonnais. Et de concéder : « à tel point que les gens ont du mal à les quitter ». Tant qu’ils montent dans le train…