Manifestement la Colombie a le vent en poupe. Plusieurs classements de plates-formes de voyage la sélectionne parmi leurs destinations tendances pour 2020. C'est presque un paradoxe : l’étiquette de destination “à risque” lui colle encore à la peau. “Dites aux gens que vous connaissez que la Colombie est un beau pays, qu’ils y seront bien accueillis”, insistent les habitants lorsqu’ils rencontrent des touristes. Et ils en croisent de plus en plus, notamment en provenance de l’Hexagone. En 2018, un peu plus de 77 000 Français ont ainsi empoigné leur sac à dos direction la Colombie, un chiffre en hausse de 13,3%. “L’année France-Colombie (en 2017, ndlr), a fait beaucoup de bien, confirme Galvin Lascelles Lloyd, le fondateur du réceptif Bingo Travel Colombia, basé à Pereira. Il y a eu beaucoup d’émissions comme Échappées Belles, ou Rendez-vous en terre inconnue, avec Thomas Pesquet, qui ont aussi fait évoluer les choses. L’image de la destination change”, se félicite-t-il. Et de citer, également, le prix Nobel obtenu en 2016 par le président de la République colombien, couronnant ses efforts pour mettre un terme à plus de 50 ans de conflit avec la guérilla des Farc, par le dialogue. Même s’il reste du chemin à parcourir pour que l’accord de paix soit appliqué en intégralité.
"La Colombie est un pays d’avenir"
Mais la perception du pays a déjà changé, et cette destination encore relativement “inexplorée” répond aux nouvelles attentes des voyageurs. “Les gens voyagent de plus en plus, ils s’intéressent à des pays moins classiques. Ce qu’ils apprécient, c’est la totale découverte, car ils n’ont pas d’image préconçue de la Colombie. Souvent, le peu qu’ils en connaissent, c’est assez négatif. Ils sont d’autant plus agréablement surpris car ce pays a tout : des volcans à la jungle, et un peuple d’une réelle gentillesse”, s’enthousiasme Galvin Lascelles Lloyd. Bien sûr, des freins subsistent. La carte du Quai d’Orsay affiche du jaune, de l’orange et du rouge, invitant au minimum à une vigilance renforcée, déconseillant formellement certaines zones. “Nous ne sommes plus dans les années 90 où il y avait de grosses violences, tempère Galvin Lascelles Lloyd. Depuis 2005/2010, il y a eu une vraie rupture dans le conflit, et à quelques exceptions près, le pays est tranquille.” Le tourisme pourrait d'ailleurs être une des clés pour lutter contre la violence. Une des favela de Medellin a ainsi commencé à revivre grâce à un parcours de Street Art, rapporte l'AFP. Auparavant dévastée par le narco-trafic, elle est devenue l'une des "étapes incontournables d'une visite à Medellin", et accueille chaque mois 25000 visiteurs par mois, qui ont redonné un sentiment de fierté à ses habitants. Ce pari d’un tourisme responsable, c'est en tout cas celui que veut faire Galvin Lascelles Lloyd. Le chef d'entreprise fait en sorte que les prestataires bénéficient d’une juste rémunération, et que ses employés soient associés aux résultats de l'entreprise. Il s'associe aussi à des projets associatifs locaux. La DMC propose notamment de découvrir l’art urbain comme vecteur d’intégration à Medellin, Cali ou Bogota, de soutenir des projets écoresponsables dans la région du café ou encore de protéger les singes en Amazonie avec une association d’anciens chasseurs.... La DMC, qui intervient aussi bien pour des individuels que pour des groupes, loisir ou MICE, affiche sa volonté de grandir, tout en restant en capacité “de bien recevoir”, insiste son directeur. “C’est un pays d’avenir et à moins d’un changement radical au niveau politique, la Colombie devrait devenir la destination d’Amérique latine, car elle a tout”, estime Galvin Lascelles Lloyd, qui compte notamment sur le développement des connexions aériennes dans le années à venir pour que la destination monte encore en puissance.

