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À la recherche de la destination durable

Les destinations qui communiquent sur leur côté « nature » ont rarement mis en place des stratégies efficaces en matière de tourisme durable et frisent le greenwashing.

Des animaux en liberté, des grands espaces vierges, des échanges avec une population locale… La nature et les rencontres sont largement présentes dans les campagnes des destinations touristiques. Mais cette communication est souvent à la limite du greenwashing, car au-delà de quelques initiatives, l'envers du décor est moins reluisant. À Djerba, le ministère du Tourisme tunisien met en avant « les plages de rêve bordées de palmiers sauvages ». Mais rien n'est dit sur la gestion catastrophique des déchets. Le développement touristique de l'île, passée en trente ans de 10 000 à 45 000 lits a contribué à l'urbanisation de plus de 30 km de côtes, à l'accélération de l'érosion et à la disparition de terres agricoles. Au Maroc, qui communique sur le label Clef Verte et sa Charte du tourisme responsable, même constat. La construction des stations balnéaires dans la région du Rif, comme celle de Saïdia, s'est faite au détriment des populations locales et de l'environnement. Les Émirats arabes unis, qui se présentent comme une « destination durable reconnue internationalement », ont la plus mauvaise empreinte écologique du monde, avec 9,5 ha par personne. Ils ont été mis en cause pour des violations des droits de l'Homme ou des travailleurs migrants, notamment dans la construction d'infrastructures touristiques, par plusieurs ONG. Même des destinations exemplaires, dont le Costa Rica, Madagascar ou La Réunion, connaissent des dérives. « De manière générale, le côté économique l'emporte sur l'environnement ou le social », remarquait Gérard Feldzer, président du CRT Île-de-France, lors de la Journée mondiale pour un tourisme responsable. Malgré un bilan carbone insoutenable, principalement à cause des arrivées de touristes étrangers en avion, la région continue à séduire ces clientèles pour augmenter les recettes. « Les gouvernements n'ont pas mis en place les leviers nécessaires, juridiques ou économiques, en faveur du tourisme durable. C'est une activité transversale, il faudrait mettre tous les ministères autour d'une table », ajoute Guillaume Cromer, directeur du cabinet ID-Tourisme.

Une capacité de charge maximale

Mais existe-t-il des destinations durables ? L'OMT (Organisation mondiale du tourisme) définit la capacité de charge comme « le nombre maximum de touristes visitant au même moment un site donné sans causer aucune destruction d'ordre physique, biologique, économique et socioculturel ni une inacceptable dégradation du degré de satisfaction des touristes ». Depuis, des chercheurs ont affiné cette notion pour l'étendre à des territoires, sur le long terme, et prendre en compte les différentes formes de voyages. La Commission européenne travaille, elle, sur un système d'indicateurs du tourisme pour une gestion durable des destinations (Etis). D'autres ont mis en place des systèmes d'audit, comme les critères mondiaux pour un tourisme durable, qui comprennent 41 points dont l'accessibilité des bâtiments, les gaz à effet de serre, la protection des sites culturels… Enfin, le site Green Destinations, combinant plusieurs systèmes de critères, propose une liste de 100 destinations durables, comme Lanzarote, le delta de l'Okavango (Botswana), Vancouver ou La Dominique.

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