Transatlantique : malgré Trump et le kérosène, une pluie de nouvelles lignes entre France et États-Unis en 2027

En 2027, Toulouse, Marseille et Nice seront reliées sans escale aux États-Unis. Dans le même temps, trois compagnies américaines ouvrent de nouvelles lignes vers Paris, quand Air France volera vers de nouvelles villes américaines. Décryptage.

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Pierre Georges

Pierre Georges

20 octobre 20266 min de lecture

Aérien USA Etats Unis
Malgré la baisse du marché français, huit nouvelles lignes directes seront lancées entre la France et les États-Unis l'été prochain (photo d'illustration).© Ben Kelsey/Unsplash

Prix du kérosène en forte hausse, coûts de séjour très élevés aux États-Unis, politique douanière de l’administration Trump : rien ne semble enrayer la course à l’ouverture de nouvelles liaisons aériennes au-dessus de l’Atlantique nord. Pour l’été 2027, ce sont huit liaisons directes inédites qui relieront la France aux États-Unis, auxquelles s’ajoutent plusieurs prolongations de saison, dont plusieurs premières.

Clientèle américaine loisir trouvant l’Europe abordable, résistance du voyage d’affaires, mais aussi volonté de stimuler les échanges après une baisse de la venue de touristes français aux États-Unis en 2025 (-7,3 %, soit 116 400 visiteurs de moins, selon les données du National Travel and Tourism Office)... Plusieurs moteurs semblent soutenir cette extension qui a de quoi surprendre, dans le contexte de fortes pressions que subit le transport aérien en 2026.

« 70 % de sièges en plus qu’en 2019 »

« Nous sommes sur de meilleures tendances sur la destination États-Unis en 2026. Malgré tout ce qu’on peut dire, la destination continue d’autant fasciner, et les Français restent prêts à dépenser beaucoup pour s’y rendre », assure Christophe Fuss, directeur général de TUI France. « La demande reste solide sur le marché transatlantique, comme l’ont confirmé les niveaux de remplissage élevés observés pendant l’été. Le marché continue de bénéficier de flux diversifiés, mêlant clientèles loisirs, affaires et correspondances », fait savoir la direction d’Air France, évoquant les bonnes performances des segments premium.

« Nous n’avons pas vraiment constaté d’arrêt l’an passé, plutôt un ralentissement, suivi cette année d’une très forte reprise sur les segments corporate et tourisme premium », estime de son côté Éléonore Roger-Martin, directrice des ventes France de Delta. « Si on compare à 2019, nous aurons pour notre part 70 % de sièges en plus sur le marché français en 2027 », ajoute Grégoire Dutoit, son homologue chez United, compagnie dont la capacité en sièges sur la France doit progresser de près de 30 % pour l'été prochain.

Les régions françaises entrent dans le jeu

2027 verra donc les transporteurs aériens investir massivement sur l’axe France - États-Unis, à commencer par des vols directs au départ des régions françaises, grande nouveauté de la saison. United ouvrira un Toulouse–Washington Dulles le 27 avril 2027, exploité presque toute l’année, et un Marseille–Newark le 5 juin, en quotidien saisonnier.

American Airlines lancera de son côté Nice–New York JFK le 6 mai, également en quotidien. Les trois lignes ont un point commun : l’Airbus A321XLR. Ce monocouloir long-courrier change, par rapport à un gros-porteur, l’équation économique des dessertes « secondaires ». Chez United, l’appareil est configuré à 150 sièges, dont 32 en cabines premium (20 suites Polaris et 12 sièges Premium Plus), de quoi viser la clientèle affaires sans la densité d’un long-courrier classique.

Un changement de paradigme qui promet enfin des liaisons vers les États-Unis pérennes au départ des régions, après de nombreuses années d’essais infructueux. À l’image des tentatives d’XL Airways entre Marseille et New York, ou encore de la ligne « maudite » entre Lyon et New York, ayant vu American, Air France ou Delta s’y casser les dents depuis les années 1990. « Maintenant, ce ne sont pas juste des essais d’une saison : tout ce qu’on a lancé ces dernières années est toujours au programme », rassure Grégoire Dutoit chez United.

À noter aussi l’annonce la prolongation par La Compagnie de sa ligne entre Nice et New York Newark pour la première fois à l’année, là aussi en Airbus A321neo 100% classes affaires. L’été prochain, la Côte d’Azur comptera alors quatre liaisons directes vers New York.

Paris reste la place disputée

Sur la capitale, trois compagnies américaines ajouteront en 2027 de nouvelles lignes. Delta ouvrira Austin–Paris le 27 mars 2027, en quotidien et en A330-900neo de 281 sièges, sa plus importante nouvelle route de la saison. La compagnie mettra par ailleurs fin à la traditionnelle pause hivernale de son Cincinnati–Paris, désormais maintenu à trois vols hebdomadaires en janvier et février. « Notre stratégie est de se consolider sur Paris et Nice, par rapport à notre offre avec notre partenaire Air France », indique Éléonore Roger-Martin.

United lancera, elle, un Denver–Paris le 28 mai, en quotidien presque toute l’année et en Boeing 787-9, ce qui portera à onze le nombre de vols quotidiens de la compagnie entre la France et les États-Unis au plus fort de l’été. La nouvelle venue Alaska Airlines (oneworld), enfin, ouvrira Seattle–Paris le 25 mai, cinq fois par semaine en 787-9, jusqu’en octobre (voir encadré).

Sur ce dernier axe vers Seattle, la concurrence sera frontale avec les compagnies de l’alliance SkyTeam : Delta y opère déjà un quotidien en A330-900neo et Air France dessert également la ville en A350-900. « Nous avons une offre attractive avec 14 vols par semaine et des horaires complémentaires. L’arrivée de nouveaux concurrents ne remet donc pas en cause notre présence sur cette ligne », fait savoir la direction d’Air France, interrogée sur l’arrivée d’Alaska à Paris.

Air France riposte sur les villes secondaires américaines

Au contraire, la compagnie tricolore ne sera pas en reste. Après Las Vegas, ouverte en avril 2026 et renouvelée en 2027 après une première année jugée « satisfaisante », elle a annoncé le 8 octobre deux nouvelles lignes pour l’été 2027, mises en vente dès le 14 octobre : San Diego à partir du 3 mai et Nashville à partir du 14 mai, toutes deux en A350-900, à raison de trois vols hebdomadaires les lundis, mercredis et vendredis.

Air France sera la seule compagnie à relier Paris à ces deux villes en direct, et la seule à desservir Nashville depuis l’Europe continentale. Avec ces ajouts, Air France desservira vingt destinations américaines à l’été 2027, d’Atlanta à Seattle en passant par Raleigh-Durham et Phoenix. 

« Certaines lignes voient leurs fréquences renforcées pour atteindre un vol quotidien dès que la demande le justifie, comme Orlando », indique aussi Air France, précisant augmenter les capacités sur d’autres lignes et poursuivre en 2027 le déploiement de sa cabine La Première sur d’autres destinations nord-américaines. Ceci sans fermeture ni réduction structurelle de dessertes américaines au programme « à l’exception de la suspension de Denver à l’été 2027 », nous précise-t-on enfin.

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