Moyen-Orient : les bénéfices d’Emirates s'effondrent mais le groupe reste rentable

Nombre de passagers, chiffre d’affaires, bénéfices : les résultats semestriels d’Emirates montrent des baisses significatives sur la plupart des indicateurs clés, en raison de la guerre au Moyen-Orient.

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Florian De Paola

Florian De Paola

5 novembre 20262 min de lecture

Emirates
L'activité d'Emirates est fortement impactée par la guerre au Moyen-Orient et ses conséquences (photo d'illustration).© Fabian Joy/Unsplash

Emirates subit de plein fouet les conséquences de la guerre au Moyen-Orient. À l’issue du premier semestre de l’exercice 2026/2027, la compagnie aérienne basée à Dubaï (Émirats arabes unis) a réalisé un chiffre d’affaires de 66,2 milliards de dirhams (environ 16 milliards d’euros), en recul de 12% par rapport à l’exercice précédent, par ailleurs marqué par plusieurs records d’activité.

L’Ebitda du groupe plonge de 41% à 3,04 milliards d’euros, et les bénéfices après impôt s’effondrent (-66%), à environ 875 millions d’euros. Ces baisses significatives prennent bien évidemment source dans la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février 2026 par les États-Unis et Israël. Le conflit a plongé la région dans une spirale de violences qui décourage la majorité des voyageurs internationaux de visiter le Moyen-Orient.

22% de passagers en moins

Mais les impacts indirects affaiblissent tout autant le géant mondial du transport aérien. En effet, si les restrictions et fermetures des espaces aériens traversés par les missiles ont perturbé les opérations et réduit la demande, la hausse marquée du prix des carburants ou la réduction de la capacité aérienne mise sur le marché affectent les résultats financiers d’Emirates.

À titre d’exemple, au 30 septembre 2026, la compagnie n’exploitait encore que 91% de son réseau d’avant les perturbations. Emirates a ainsi transporté 21,8 millions de passagers au cours de la période, soit une baisse de 22%. Le trafic mesuré en passagers-kilomètres payants recule de 25%, et le taux de remplissage des avions s’établit à 72%, contre 79,5% l’année dernière.

Le fret aérien joue le rôle d'amortisseur

Malgré ces baisses significatives, le groupe reste toutefois dans le vert. En effet, la guerre a aussi eu des conséquences sur d’autres activités. Emirates SkyCargo, la filiale de fret aérien du groupe, a ainsi transporté 1,2 million de tonnes (-1%). Mais ses revenus bondissent de 52% : les perturbations dans le transport maritime ont fait grimper les tarifs dans le fret aérien. Cette activité ne suffit toutefois pas à compenser la baisse d’activité dans le transport de passagers, mais elle joue le rôle d’amortisseur.

À moyen et long terme, Emirates, assis sur environ 13,2 milliards d’euros de trésorerie, n’ajuste pas encore ses investissements ou sa stratégie. En plus de la réception de neuf A350 sur la période, la compagnie a ainsi rénové les cabines d’une douzaine d’appareils, et équipé une quarantaine d’autres du système Starlink.

À mi-chemin de l’exercice, Emirates n’affiche donc plus la dynamique spectaculaire (et record) qui était la sienne l’année dernière. Très exposée au contexte géopolitique, elle a vu son activité ralentir et ses résultats fondre. Toutefois, le groupe, bénéficiaire, demeure l’un des plus robustes financièrement dans le paysage aérien mondial.

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