Ferroviaire : à un mois de son lancement entre Paris et Amsterdam, GoVolta stoppe ses liaisons vers Berlin

Privée de train après un incident technique en Allemagne, la start-up ferroviaire néerlandaise GoVolta suspend sa ligne Amsterdam-Berlin jusqu’à nouvel ordre.

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Eglantine L’Haridon

Eglantine L’Haridon

4 novembre 20262 min de lecture

GoVolta
La compagnie ferroviaire low cost GoVolta doit lancer une liaison entre Paris et Amsterdam en décembre.© Facebook / GoVolta

C’est un coup d’arrêt pour cette compagnie néerlandaise à bas-coût : GoVolta a annoncé la suspension, jusqu’à nouvel ordre, de son unique liaison en service entre Amsterdam et Berlin. En cause : un incident survenu le jeudi 29 octobre, à une heure de la capitale allemande. À la suite d’un freinage d’urgence, un dégagement de fumée a contraint le train à s’arrêt, et les passagers à achever leur trajet à bord d’un train régional. Après inspection technique, la rame a été déclarée inapte à circuler, et rapatriée aux Pays-Bas dans la nuit du 1er au 2 novembre.

Cet incident suffit à paralyser toute l’exploitation de la compagnie, lancée en mars 2026 à raison de six allers-retours hebdomadaires entre Amsterdam et Berlin. GoVolta repose en effet sur un modèle d’assembleur à coûts réduits : l’entreprise loue ses locomotives et d’anciennes voitures des années 1980, sans climatisation ni wifi, et limite le personnel à bord au strict minimum. Sur sa flotte de treize voitures, sept ont donc été endommagées par cet accident. Les six autres se trouvaient déjà en maintenance dans les ateliers de son partenaire. Ainsi, faute de matériel de réserve, le transporteur a dû annuler l’ensemble de ses départs, le temps de trouver une solution de remplacement.

Crise de confiance

Cette immobilisation tombe au plus mauvais moment pour GoVolta, qui doit inaugurer le 14 décembre prochain un aller-retour quotidien entre Amsterdam et Paris-Gare du Nord. La compagnie maintient pour le moment l’ouverture de la ligne, dont les billets sont commercialisés depuis fin mai. Mais l’épisode met en lumière l’étroitesse de sa flotte. La desserte parisienne doit mobiliser onze voitures par rame, jusqu’à 840 places : la start-up a ainsi lancé une levée de fonds participative de 1,5 million d’euros à un taux de 10%, et espère doubler son parc.

À cette fragilité matérielle s’ajoute une crise de confiance : après plusieurs perturbations cet automne, l’association de consommateurs néerlandaise Consumentenbond a épinglé GoVolta, lui reprochant de manquer à ses obligations européennes d’information, de réacheminement et de remboursement des voyageurs. So cofondateur, Hessel Winkelman, a reconnu des lacunes dans la communication adressée aux clients et assure avoir depuis corrigé le tir sur son site et dans ses courriels.

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