Alors qu’une partie de sa flotte est immobilisée en raison d’odeurs suspectes (lire plus loin), Air Corsica s’apprête à faire face à la première grève des pilotes de son histoire. Les syndicats SNPL et SPAC, qui représentent les 140 pilotes de la compagnie, appelle en effet à la grève du 9 au 16 octobre.
Le conflit porte sur le renouvellement de l’accord d’entreprise et, notamment, sur les conditions de progression salariale. Les pilotes affirment avoir accepté, dans le cadre du plan de transformation « Tocc’à Noi », un gel de leurs rémunérations pendant deux ans ainsi que la perte de sept jours de congés. Ils contestent désormais la volonté de la direction de prolonger ce gel et demandent le rétablissement des évolutions prévues.
Air Corsica assure avoir fait le maximum
Air Corsica, qui assure de son côté avoir « fait évoluer ses propositions aussi loin que les capacités financières de l'entreprise le permettaient », « regrette le maintien du préavis de grève et les perturbations qu'il est susceptible d'engendrer pour ses passagers ». La compagnie fondée en 1989 pour améliorer la desserte aérienne de la Corse a notamment proposé « une augmentation salariale significative en deux étapes sur l’année 2027 », et une « prise en charge importante de la rémunération des pilotes concernés par le chômage partiel lié à l'immobilisation des ATR ».
Parce que ce conflit social intervient sur fond de complications techniques inédites pour Air Corsica. Cinq de ses sept ATR 72-600 sont en effet immobilisés en raison d’odeurs suspectes et récurrentes, notamment dans les postes de pilotage. En attendant les conclusions des enquêtes conduites, les avions restent cloués au sol. Air Corsica affrète donc auprès d’autres compagnies (Air France, Chalair, Amelia et Transavia) pour assurer ses opérations.
Les deux syndicats tiennent compte de « la situation technique actuelle de la flotte ATR »
La compagnie corse, qui envisage un recours au chômage partiel pour les pilotes impactés par cette immobilisation d’une partie de la flotte, insiste donc sur le fait que ses propositions « s'inscrivent dans un contexte exceptionnel et indépendant de la volonté de l'entreprise, qui supporte simultanément les coûts des affrètements, la désorganisation opérationnelle induite par la crise ATR et la préservation de ses emplois ».
Dans un communiqué, le SNPL et le SPAC expliquent ne pas prendre « à la légère les conséquences qu’une grève pourrait avoir pour les passagers corses ». Les deux syndicats, qui prennent en compte « la situation technique actuelle de la flotte ATR », proposent un compromis : conclure dès maintenant un accord pour quatre ans et en différer l’application de plusieurs mois, « afin de laisser à la compagnie le temps de surmonter les difficultés actuelles ».