La 16e édition de la soirée du Top 250 des éditeurs de logiciels français, organisée par le syndicat Numeum et EY, a réuni les éditeurs de logiciels et leurs partenaires le 4 novembre 2026 à Paris. Quatre prix ont été décernés à cette occasion. Travelsoft a remporté le prix de l’innovation ; les trois autres ont récompensé des éditeurs d’autres secteurs.
Pour Didier Collignon, responsable TMT d’EY pour l’Europe de l’Ouest, l’innovation doit répondre à une problème métier, passer à l’échelle et reposer sur un modèle économique solide. Travelsoft « coche ces trois cases », a-t-il souligné.
40% de revenus variables
« Sur le modèle économique, nous avons une particularité : 40% de notre revenu, qui s’élève cette année à près de 150 millions d’euros, repose sur les transactions, a précisé Christian Sabbagh. C’est un modèle qui était assez peu populaire, il y a quelques années, dans la communauté financière. Aujourd’hui, il devient à la mode, puisqu’il est basé sur la réalisation d’une tâche », à l'image d'une réservation de voyage commissionnée. C’est pour lui un « modèle d’avenir ». « La part variable est, à mon sens, extrêmement intéressante. », en plus des revenus fixes.
Travelsoft, propriétaire d’Eventiz, l’éditeur de L’Écho touristique, emploie plus de 700 salariés dans le monde, principalement des experts en technologies du voyage. Le groupe basé à Paris réalise désormais 85% de son activité à l’étranger, contre 5% début 2022. L'entreprise a réalisé 15 acquisitions en quatre ans pour s’internationaliser.
La « SaaSpocalypse » en question
Réalisé chaque année par Numeum, en partenariat avec EY, le Top 250 des éditeurs de logiciels français est à la fois une étude sectorielle et un événement pour fédérer l’écosystème des éditeurs, dans tous les secteurs. Lors de cette soirée, plusieurs experts ont également partagé des tendances et des points de vue.
Il a notamment été question de la « SaaSpocalypse », contraction de « SaaS » (logiciels par abonnement) et d’apocalypse.
Le terme désigne la chute des actions des éditeurs de logiciels SaaS en février 2026. Ce recul a traduit la crainte que les agents d’intelligence artificielle (IA) remplacent les logiciels.
« 90% du code écrit par Anthropic est écrit par Claude »
Les logiciels SaaS vont-ils continuer à exister dans quelques années ? « Oui », a répondu André Balleyguier, responsable de l’IA appliquée pour la région EMEA chez Anthropic, le créateur de l'IA Claude. Mais ils vont devoir s’adapter, notamment parce que « la création du code va prendre beaucoup moins de temps ».
L’IA se développe de manière exponentielle et accélère la productivité. « 90% du code écrit par Anthropic est écrit par Claude », a-t-il ajouté. « Des non-développeurs construisent et livrent désormais du code. L’architecture reste aux ingénieurs. »
Les éditeurs recrutent des experts dans l’IA
André Balleyguier encourage les éditeurs à « repenser leur usine logicielle autour des agents ».
Selon l'étude Numeum et EY, les éditeurs français de logiciels intègrent déjà fortement l’IA. Leurs recrutements se concentrent sur des experts data et IA en priorité, devant les développeurs. 80% des éditeurs ont intégré des fonctionnalités d’IA générative dans l’offre logicielle.
Selon cette étude, les éditeurs français de logiciels représentent 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025 hors jeux vidéos (+5%). 83% des éditeurs du panel pris en considération ont dégagé un bénéfice d’exploitation.