Baromètre CTT sur l'intelligence artificielle : ce qu’il faut retenir
Usages qui explosent, manque de cadre et de formation : le baromètre IA du Club tourisme et technologie (CTT) et l'enquête miroir menée par L'Écho touristique auprès de 210 professionnels livrent une photographie de l'adoption de l'IA dans le tourisme. Et des défis à relever.
Le troisième baromètre sur l’intelligence artificielle (IA) mené par la CTT a été dévoilé lors du salon IFTM à Paris. Il s’agit des résultats d’un sondage réalisé auprès des membres du club, qui sont des décideurs du tourisme passionnés par la tech.
L’Écho touristique a également adressé ce même sondage à ses lecteurs, pour avoir une deuxième grille de lecture : 210 professionnels du tourisme (agences de voyages, voyagistes, plateformes…) ont répondu.
Les deux terrains, complémentaires, ont été conduits entre le 23 juin et le 31 août 2026.
L’IA, un outil de travail du quotidien
Commençons par les résultats du sondage auprès des membres du CTT, qui rassemble des profils plus digitaux que l’industrie dans son ensemble. La très grande majorité des répondants sont des dirigeants, adeptes de la tech ou spécialistes de la tech et early-adopters.
Premier constat, l’IA monte très vite en puissance dans les usages. Désormais, 90% des membres du CTT, appelés « Cttistes », l’utilisent au quotidien, contre 48% en 2025.
OpenAI a gagné la bataille de l’attention à ses débuts, mais ses concurrents ont depuis pris des parts de marché. S’ils consultent en premier lieu ChatGPT d’OpenAI (72%), les Cttistes font aussi confiance à Claude d’Anthropic (69%) et à Gemini de Google (52%). Vibe de Mistral, fleuron de l’IA française, est quasiment inexistant dans les réponses.
L’IA pour remplacer le Google à l’ancienne
Autre question posée : pour quels usages utilisez-vous l’IA ? Précision méthodologique importante : le questionnaire a été envoyé aux Cttistes juste avant le déploiement de IA Overviews en France.
Tous les membres du club se servent de l'IA pour de la recherche d’informations. Cette conclusion confirme un enseignement majeur : l’IA crée la plus grande révolution des usages depuis la création de Google en 1998.
Certains utilisateurs oublient de fait le moteur de recherche de Google à l’ancienne, et piochent des renseignements via une IA générative. Même s'il ne faut pas oublier les grands ordres de grandeur, rappelés par l’agence Eskimoz à l’occasion d’un récent webinaire des Entreprises du Voyage : Google, soit le moteur de recherche traditionnel, génère environ 15 milliards de requêtes chaque jour, contre 2,5 milliards de requêtes pour ChatGPT.
Des règles qui manquent souvent de clarté
L’IA est utilisée au sein des entreprises, et il est naturellement indispensable d’encadrer son utilisation, pour éviter notamment des fuites de données et des pertes de temps. Or nous le voyons, le cadre n’est pas encore bien posé.
Au sein des membres du Club, qui compte beaucoup de technophiles, 45% des répondants estiment que leur entreprise a une politique officielle sur l’usage de l’IA « avec des règles claires ». Pour 41% des répondants, ce travail est en cours d’élaboration.
L’agentique monte en puissance
Le sondage a pour la première fois prévu une question sur l’agentique, Il s’agit de l’IA capable d'agir de manière autonome pour accomplir des tâches complexes, sans intervention humaine à chaque étape.
Résultat : 19% des répondants disent qu’ils ont déployé l'IA agentique à grande échelle, avec une utilisation répandue dans de nombreux domaines ou fonctions. Et 32% ont commencé à la déployer.
Les enseignements du sondage adressé aux 210 pros du tourisme
Pour rappel, le même questionnaire a été adressé aux pros du tourisme via L'Écho touristique.
Parmi les 210 répondants (dirigeants et salariés), 57% des professionnels français du tourisme utilisent l’IA chaque jour (vs 90% parmi les Cttistes). Dirigeants comme salariés s’accordent à dire que l’IA permet et doit conduire à des gains de productivité.
Sans surprise, les pros du tourisme font eux aussi confiance avant tout à ChatGPT mais aussi à ses concurrents.
Autre enseignement : une absence de règles d’usage de l’IA. Seulement 19% des répondants évoquent des règles claires (contre 45% parmi les Cttistes).
Les craintes liées à l'IA dans le tourisme
Le sondage montre aussi qu’un salarié sur deux craint que l'IA menace son poste à terme.
Les dirigeants, eux, pointent deux grands risques liés à l'IA : les erreurs ou hallucinations des outils IA d’une part, le manque de sécurité et de confidentialité des données clients d'autre part.
Ces craintes devraient justement encourager la mise en place par les entreprises de bonnes pratiques et/ou de formations, toujours trop peu répandues. Or seulement 11% des salariés indiquent avoir bénéficié d'une formation complète sur l'IA. Toutes les grandes conclusions du sondage mené auprès des 210 pros du tourisme font l’objet d’une grande infographie dans notre nouveau magazine.