Un hôtel cinq étoiles à Nîmes confronté à une grève depuis près d’un mois

Le personnel d’étage réclame des augmentations de salaire et de meilleures conditions de travail. Depuis le 18 septembre, l’hôtel Maison Albar - L’Imperator, situé au cœur de Nîmes, fonctionne au ralenti.

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David Savary

David Savary

16 octobre 20263 min de lecture

©Hôtel Imperator
L’hôtel cinq étoiles Maison Albar - L’Imperator, à Nîmes, est touché par un mouvement de grève du personnel d’étage depuis le 18 septembre.© Maison Albar - L'Imperator

Jeudi, à l’appel de la CGT, un « pique-nique revendicatif » était organisé sur le parvis de l’hôtel en soutien aux salariés mobilisés depuis quatre semaines. Le rassemblement visait également à recueillir des dons pour alimenter la caisse de grève et compenser, au moins en partie, les pertes de salaire des grévistes.

Une augmentation de 0,87 euro brut de l’heure réclamée

La principale revendication porte sur une augmentation de 0,87 euro brut de l’heure pour les femmes de chambre. Selon la CGT, dix salariées sont concernées par cette demande, dont cinq titulaires et cinq employées en contrat temporaire.

Lors de la deuxième réunion de négociation, le 29 septembre, la direction aurait proposé, selon le syndicat, une augmentation générale de 1% pour l’ensemble des salariés à compter du 1er janvier 2027. Cette proposition n’a pas permis de trouver un accord sur la demande spécifique des femmes de chambre.

La direction ne répond pas

Sollicité par L’Écho touristique, Romaric Blanvillain, directeur de l’établissement, n’a pas souhaité s’exprimer.

Les revendications portent également sur les conditions de travail, notamment les effectifs, les équipements professionnels, la prévention des risques et la reconnaissance des métiers du housekeeping, liés à l’entretien des chambres.

Après près d’un mois de grève, aucune issue au conflit n’a été annoncée. La CGT demande la reprise des discussions et des réponses concrètes à ses revendications.

L’hôtel maintient son activité malgré la grève

Malgré le mouvement social, l’établissement continue d’accueillir des clients, de prendre des réservations et d’assurer ses prestations. « L’hôtel fonctionne au ralenti, mais il n’y a aucun souci », assure Mathilde, cheffe de réception, qui précise que le ménage et les services de recouche restent assurés.

L’Imperator compte 54 chambres et sept maisons privatives. Selon la cheffe de réception, certaines chambres peuvent être conservées en réserve lorsque les disponibilités se réduisent, afin de garantir la qualité du service auprès des clients.

« Je comprends leurs revendications et je ne remets absolument pas en cause leur droit de grève. Après, au vu de la situation de l’hôtel, je ne peux pas les rejoindre sur tous les points », explique la jeune femme.

Elle précise que le mouvement ne concerne pas l’ensemble du personnel des étages. Certaines femmes de chambre et gouvernantes continuent de travailler, tandis que les grévistes alternent périodes de travail et débrayages. « Par exemple, elles travaillent pendant 30 minutes, puis font 30 minutes de grève, avant de reprendre le travail pendant 30 minutes, et ainsi de suite », détaille-t-elle. Cette organisation permet à l’hôtel de maintenir une partie de son activité.

Des interrogations sur l’avenir de l’établissement

L’avenir du Maison Albar - L’Imperator, propriété du groupe Centaurus, suscite également des interrogations. Dans un article publié le 9 octobre par le média local Objectif Sud, Denis Allegrini, président de The Social Club, a confirmé des discussions avec le groupe Maison Albar en vue d’une éventuelle reprise de l’établissement, selon les informations rapportées par la CGT.

Le projet en serait encore au stade préliminaire et aucun accord définitif n’a été annoncé. Le syndicat s’interroge notamment sur les conséquences éventuelles d’un changement d’actionnariat pour l’emploi et l’avenir des salariés. Interrogée sur ce sujet, Mathilde relativise la portée de ces informations, « ce ne sont que des discussions et des rumeurs. Il n’y a rien de fait ».

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