Tourisme : quand les habitants deviennent bénévoles

Dans les Pyrénées comme en Bretagne, des habitants retroussent leurs manches pour rénover des refuges ou informer des touristes. Retour sur deux initiatives.

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Linda Lainé

Linda Lainé

15 octobre 20262 min de lecture

Le dernier chantier participatif du Canigó » : le refuge non gardé de Balaig.
Le dernier chantier participatif du Canigó » : le refuge non gardé de Balaig.© Syndicat Mixte Canigó Grand Site

Impliquer les habitants dans une démarche territoriale tient parfois de la gageure. C’est ce qu’a expliqué le chercheur au CNRS Raphaël Mathevet. « Il ne faut pas idéaliser les habitants », a-t-il souligné lors des Rencontres du Réseau des Grands Sites de France à Nîmes, du 13 au 15 octobre.

Le label d’État Grand Site, qui récompense la gestion exemplaire de sites naturels, invite justement à mobiliser la population locale.

35 chantiers participatifs au Canigó

Très engagé dans cette voie, le Syndicat mixte Canigó Grand Site a ainsi mené 35 chantiers participatifs sur une dizaine d’années. « Ce sont des actions très simples, concrètes et gratifiantes comme la remise en état de certains refuges non gardés », explique le directeur Florian Chardon. Des bénévoles ont aussi participé au démontage de carcasses de voiture et de débris d’un avion. Près de 50 adolescents du Club alpin français ont de leur côté restauré un refuge de montagne qu’ils occupent parfois.

« Nous fournissons les gants et des outils manuels : la barre à mine, une pioche, des pinceaux. » Les repas sont offerts, mais pas le gîte. « Les gens se rejoignent à 6h sur un parking, ils font 1 200 mètres de dénivelé pour marcher jusqu’à un refuge, ce qui témoigne d’un certain engagement. Et tout le monde repart avec le sourire. Le Grand Site devient un projet partagé avec la communauté et les élus. » Le groupe WhatsApp « Retroussons nos manches pour le mont Canigó » réunit désormais 110 membres, presque tous locaux.

Au total, les actions citoyennes représentent 665 jours de travail, « équivalent à 66 350 euros », calcule Florian Chardon. Reste à savoir si ce bénévolat vient en complément ou en substitution de l’action publique. Les opérations techniques ou dangereuses restent confiées aux agents du syndicat, précise le directeur.

Des ambassadeurs qui parlent des oiseaux marins

Sur d’autres territoires, le bénévolat prend la forme de la médiation. Le Grand Site de France Cap d’Erquy-Cap Fréhel, dans les Côtes-d’Armor, s’appuie sur des « ambassadeurs » qui sensibilisent les touristes à la biodiversité et aux comportements respectueux.

« Nos falaises ont un intérêt écologique majeur, elles hébergent de nombreux oiseaux marins très visibles », rappelle Lisa Thomas, présidente du Grand Site de France Cap d’Erquy-Cap Fréhel. « La proximité de visiteurs peut poser problème et déranger, notamment en période de nidification. C’est dans ce contexte qu’est apparue la nécessité de travailler sur la sensibilisation des personnes qui viennent observer les oiseaux marins. »

Le syndicat mixte breton a alors entamé une démarche en associant des volontaires locaux qui partagent leurs connaissances du site et de la faune. Et Lisa Thomas d’ajouter : « Notre projet, c’est de faire en sorte que les habitants ne soient pas simplement des voisins du paysage, mais bien des acteurs de la mise en valeur du territoire et garants de notre label. »

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