Une enquête interne « a mis au jour une série de dysfonctionnements et des défaillances dans la structuration des visites protocolaires et l'organisation de celle du 5 septembre, qui ont conduit à la mise à l'écart de personnel féminin le jour de la visite, situation inacceptable », détaille la Société d'exploitation de la tour Eiffel (SETE), dans un communiqué.
Des dysfonctionnements mis à jour
Suite à ces conclusions, Patrick Branco Ruivo, nommé à la tête de la SETE en 2018 pour une durée indéterminée, a annoncé son départ fin 2026. « À aucun moment je n'ai donné d'instruction visant à écarter ou remplacer des femmes sur le parcours de cette délégation », assure-t-il dans un courrier à ses quelque 420 salariés.
« Pour autant, des femmes ont bien été mises à l'écart lors de cette visite, et je le regrette. Ainsi, dans le contexte actuel, je mesure que ma responsabilité est engagée car c'est à moi qu'il revient de répondre du fonctionnement de cette entreprise », explique le directeur général, âgé de 55 ans.
Le maire de la capitale Emmanuel Grégoire a salué une « décision responsable » après huit ans « au service de la tour Eiffel et de la SETE ».
« Il est désormais impératif de préparer la transition de direction dans les meilleures conditions et de tirer pleinement les enseignements de la situation afin que de tels incidents inacceptables ne puissent plus se reproduire », a dit à l'AFP l'entourage de l'édile.
Une visite controversée début septembre
Le samedi 5 septembre, une délégation du mouvement spirituel hindou Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha (BAPS) avait visité le monument emblématique de la capitale, à la veille de l'inauguration de son premier temple majeur en France, à Bussy-Saint-Georges, près de Paris.
La délégation du BAPS, réputé particulièrement conservateur et nationaliste par une partie de la diaspora indienne, avait demandé que la visite soit organisée en limitant les « interactions avec les femmes », avait alors expliqué la SETE, admettant que « ces conditions n'auraient pas dû être acceptées ».
L'éviction des femmes a provoqué un tollé et déclenché une grève des salariés de la Dame de fer le lundi 7 septembre.
Après la révélation de l'affaire des salariées évincées, Emmanuel Grégoire avait annoncé le lancement de deux enquêtes, l'une de la SETE par un cabinet extérieur, l'autre par la Ville de Paris, « propriétaire à 99% de la tour Eiffel », pour comprendre « ce qui a conduit à cette décision absurde, inique et inacceptable ».
La tour Eiffel a accueilli 6,75 millions de visiteurs en 2025.