Dans les montagnes françaises, on a plutôt tendance à chercher les sommets. Mais Tignes prend le contrepied avec Ici commence l’océan, une exposition singulière puisqu’elle sera installée sous la glace du lac de Tignes, à 2100 mètres d’altitude.
De l'exposition sous-marine aux luges sur rail
Il faudra donc plonger pour voir les peintures d'animaux emblématiques des océans froids, réalisées sur du plexiglas par l’artiste Laurence Chilin, en collaboration avec l'explorateur polaire Alban Michon. L’exposition rejoindra ensuite les rives du lac (du 13 février au 30 avril) pour être visible de tous.
Cette exposition sous-marine incarne la bataille de l'attention que se livrent les stations de montagne françaises. Saint-Sorlin-d’Arves vient ainsi d'ouvrir SlalomFly, une tyrolienne de 987 mètres, avec virages à 720°. C'est la plus longue du genre en Europe. Des pistes de mountain kart sont sortis de terre (La Toussuire, Val Thorens), ainsi que des luges sur rail sur près de deux kilomètres à Gréolières-les-Neiges, inaugurées cet hiver.
À Courchevel, la piste de luge se prolongera par une expérience immersive, Fera Lumia, mêlant lumières et paysages sonores. À Val Cenis, une passerelle panoramique de 126 mètres proposera des contenus sur les glaciers, les milieux alpins et la biodiversité. À Chamrousse, un nouvel espace reviendra sur l’héritage des Jeux olympiques de Grenoble, en 1968.
Le ski demeure au cœur du modèle économique
Ce mouvement ne signifie pas du tout que les stations tournent le dos au ski. Cet hiver, plusieurs télécabines seront inaugurées ou modernisées au Dévoluy, à Peisey-Vallandry, à Valmorel et aux Contamines-Montjoie. Mais ces équipements sont de plus en plus pensés pour les piétons, les personnes à mobilité réduite, les randonneurs ou les vététistes.
En 2025, les domaines skiables de France annoncent avoir investi 555 millions d’euros. Environ 62 millions d’euros sont consacrés à la construction de bâtiments dits multiservices : restaurants d’altitude, attractions, espaces d’accueil, sanitaires, consignes… L’objectif est d’attirer les non-skieurs, de retenir les visiteurs plus longtemps et de faire vivre la montagne au-delà de la seule journée passée sur les pistes.