Escroqueries : Booking.com protège-t-elle assez les voyageurs ? Bruxelles enquête

La Commission européenne ouvre une enquête contre Booking.com sur les annonces frauduleuses, le hameçonnage et les annonces boostées non signalées.

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Linda Lainé

Linda Lainé

23 octobre 20262 min de lecture

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Bruxelles met en doute les méthodes de Booking.com, premier site marchand de voyage en France en termes d'audience.© Adobe Stock

La Commission européenne a ouvert une procédure formelle pour déterminer si Booking.com a enfreint le règlement sur les services numériques (DSA) « en n'ayant pas évalué avec diligence ou atténué efficacement les risques liés aux annonces frauduleuses et aux escroqueries ».

Dans le viseur de Bruxelles, des annonces frauduleuses sur Booking…

Bruxelles pointe en particulier les « fausses inscriptions », par exemple pour des propriétés inexistantes, usurpation d'identité et les offres d'hébergement non conformes.

L'enquête vise notamment à déterminer si le géant de la réservation hôtelière, propriété de Booking Holdings, a instauré des mesures efficaces pour atténuer de tels risques, par exemple en supprimant des annonces.

… Des escroqueries par hameçonnage

La Commission vérifiera aussi si Booking.com maîtrise les risques que présentent les escroqueries par hameçonnage pour les consommateurs.

Bruxelles compte contrôler la manière dont les données de réservation et d'invité sont partagées avec les fournisseurs d'hébergement, ainsi que le fonctionnement de la messagerie de Booking.com.

« La Commission examinera également si l'entreprise a mis en place des garanties suffisantes pour empêcher que les données ne soient utilisées à mauvais escient pour effectuer du phishing et solliciter des paiements frauduleux », est-il précisé.

… Et les annonces boostées payantes

Pour l’Europe, la plateforme peut par ailleurs avoir enfreint le règlement sur les services numériques « en matière de transparence ». Elle n’aurait pas clairement identifié les annonces payées pour un classement plus élevé dans les résultats de recherche.

Les hébergeurs peuvent rendre leurs annonces plus visibles dans les résultats de recherche de Booking.com en payant une commission plus élevée. Bruxelles ne conteste pas cette possibilité. En revanche, elle estime que les consommateurs devraient voir que ces « annonces renforcées » constituent « des publicités ».

La décision de la Commission fait suite à une enquête préliminaire, portant sur 2026 et les trois années précédentes.

Un risque d’amende

Le DSA établit des règles et impose des obligations plus strictes aux très grandes plateformes en ligne (VLOP), une désignation que Booking.com a reçue le 25 avril 2023. Les grandes plateformes reconnues coupables d'infraction au règlement européen peuvent se voir infliger des amendes pouvant atteindre 6% de leur chiffre d'affaires annuel mondial.

Dans une réaction adressée à L’Écho touristique, la plateforme assure qu’elle « coopère pleinement avec la Commission européenne et répond de manière constructive à ses questions » dans le cadre du DSA. « La sécurité, la confiance et la protection des données personnelles constituent des priorités absolues pour Booking.com », ajoute-t-elle. « Nous restons déterminés à collaborer avec les gouvernements concernés, les autorités de régulation, les forces de l'ordre et nos partenaires du secteur afin de lutter contre la cybercriminalité et la fraude en ligne, et de protéger les voyageurs et nos partenaires. »

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