Randos, dinos et maisons troglodytes : comment le Dahar (Tunisie) tente d’émerger sur la carte touristique
Dans le sud-est de la Tunisie, le Dahar cherche à s’imposer comme une destination de patrimoine, de randonnée et de géotourisme. Un symbole de la diversification touristique que veut favoriser le pays.
La Tunisie a réussi son retour structurel sur le marché français, avec plus de 1,1 million de touristes hexagonaux reçus en 2025 (+5,7%). Et, malgré le contexte général défavorable à la consommation, « le marché français est en légère croissance (+3%) à date en 2026 », indique Mohamed Mehdi Haloui, le directeur général de l’Office national du tourisme tunisien (ONTT). « On s’attendait à faire mieux, mais avec cette conjoncture, ce sont de bons résultats ».
Et en attendant de reprendre les négociations avec l’Union européenne en vue d’une ouverture du ciel tunisien aux compagnies low cost (voir encadré), l’ONTT compte promouvoir « la richesse du produit Tunisie » aux touristes hexagonaux. « Nous voulons travailler la saisonnalité mais aussi les thématiques : le tourisme culturel, le bien-être et la thalassothérapie, le golf… », énumère Mohamed Mehdi Haloui. « Il y a beaucoup de niches à développer ».
Jurassic Park en Tunisie
La Tunisie souhaite aussi mettre en lumière de nouvelles destinations, comme le Dahar, une région de montagnes, de plateaux et de vallées arides située dans le sud-est du pays. La région, qui s’étend sur 600 000 hectares, vient d’être classée « Géoparc mondial » par l’Unesco : une première en Tunisie. « Ce classement change tout et nous permet de faire du Dahar un atout touristique majeur », se réjouit Mohamed Mehdi Haloui.
Au Dahar, plusieurs couches portent les traces géologiques vielles de 250 millions d’années. On y trouve des fossiles de dinosaures carnivores géants, comme le Spinosaure, ou de crocodiles préhistoriques longs de 10 mètres. Dans ces montagnes, on trouve aussi des ksour, ces fortifications typiques de l’architecture berbère, des villages de montagne, des habitats troglodytiques et des traditions amazighes.
Pas une destination calibrée pour de grands volumes
On peut aussi y randonner, dormir chez l’habitant ou pratiquer le VTT. « Nous avons même créé une Destination Management Organization (DMO) pour accompagner le développement du Dahar », qui ne porte pas que sur le tourisme (formation, agriculture…), précise Mohamed Mehdi Haloui. La Tunisie est accompagnée par l’ONG Swisscontact, spécialisée dans l’emploi, la formation, l’entrepreneuriat. De premiers outils de communication (livret, site recensant l’offre…) ont déjà été déployés.
Au Dahar, il n’est pas encore question de volume. L’offre n’est pas dimensionnée pour accueillir du tourisme de masse, et ça n’est pas l’objectif de la Tunisie avec cette destination. En revanche, elle incarne parfaitement la volonté de diversification touristique du pays.