La future contribution, qui doit encore être validée par le Parlement, concernerait l'ensemble des hébergements commerciaux de courte durée : hôtels, chambres d'hôtes, maisons d'hôtes ou encore locations de vacances de type Airbnb. Tous les visiteurs seraient concernés, quelle que soit leur nationalité ou le motif de leur séjour.
Les recettes de cette nouvelle contribution pourraient être réinvesties dans les infrastructures, les équipements, la culture ou encore le développement touristique des territoires concernés.
Une initiative saluée par le maire de Londres
Le montant serait déterminé localement par les maires ou les autorités compétentes. Le gouvernement britannique privilégierait un calcul en pourcentage du prix de la nuitée plutôt qu'un forfait fixe. Plusieurs élus, dont le maire de Londres, Sadiq Khan, ont toutefois indiqué vouloir rester dans la limite de 5%.
Dans la capitale, qui accueille plus de 20 millions de visiteurs chaque année, différentes hypothèses sont encore à l'étude. Un taux de 3% permettrait déjà, selon les estimations, de générer plus de 350 millions de livres par an, soit environ 403 millions d'euros. Saluant l'initiative du gouvernement britannique, Sadiq Khan affirme dans un communiqué que « Londres devrait avoir la même flexibilité que d'autres grandes villes mondiales pour lever et investir des fonds localement ».
Le dispositif dépend encore de l'adoption définitive du cadre législatif par le Parlement britannique cet automne. À Londres, il pourrait entrer en vigueur à partir de mars 2028. La décision appartiendra ensuite aux autorités locales, qui resteront libres d'instaurer ou non cette contribution.
Le secteur touristique redoute une perte de compétitivité
L'annonce est loin de faire l'unanimité auprès des professionnels britanniques de l'hébergement et du tourisme. Le Royaume-Uni a accueilli 43,6 millions de visiteurs l'an dernier, selon les données de VisitBritain.
L'organisation professionnelle UKHospitality estime qu'une taxe de 5% pourrait avoir un impact significatif sur la fréquentation. Selon ses projections, elle pourrait entraîner, à l'horizon 2030, près de 11,9 millions de nuitées de visiteurs en moins, ainsi qu'une diminution de 1,8 milliard de livres (2,1 milliards d'euros) des dépenses touristiques et la suppression de près de 33 000 emplois.
Les professionnels craignent également une concurrence accrue entre les territoires. Les visiteurs pourraient, selon eux, privilégier des destinations n'ayant pas instauré de taxe de séjour.
Le World Travel & Tourism Council (WTTC) a lui aussi alerté sur le risque que cette nouvelle fiscalité fasse perdre en compétitivité au Royaume-Uni. Une étude publiée cette année indique notamment qu'une partie des voyageurs internationaux pourrait modifier ses projets si une taxe de séjour de 10 euros était appliquée.
La taxe de séjour largement répandue en Europe
La taxe de séjour n'est pas une nouveauté pour les voyageurs européens. De nombreuses grandes destinations ont déjà instauré une contribution payée par les visiteurs, avec des modalités et des niveaux de taxation très variables. Le Royaume-Uni compte lui-même déjà un exemple avec Édimbourg, qui a instauré une taxe de séjour de 5% sur les hébergements payants. La contribution est plafonnée à cinq nuits consécutives.
Tout comme en France, d'autres destinations européennes appliquent déjà ce type de prélèvement, à l'image de Vienne, qui a récemment décidé d'en doubler le montant.